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Author: Hadi Ousmane

Musiques et Chants des Dogons

Riche de culture et de grande diversitee geographique, le Mali peut se felicite de l'armonie qui regne parmi les peuples qui la composent: Bamanan, Peul, Senoufo, Dogon, Saracole, Bozo, Malinke, Songai et plus au Nord: Maures, Arabes, Touareg.

Les Dogon affirment depuis des siecles qu'ils sont les descendants d'etres venus de l'etoile triple Sirius.

Ils forment un peuble devenu emblematique par le mystere dont ils surent et savent encore s'entourer. Ils vivent enclaves dans une region rocheuse du centre du Mali, entre plaine et plateau, accroches a la falaise de Bandiagara dont la hauteur varie entre quatre cents et sept cents metres et qui s'etend en longueur sur plus de deux cent cinquante kilometres.

Remplacant les Tellem, habitants troglodytes des premiers temps, les Dogon viennent du pays mandingue, a cheval sur la frontiere du Burkina Faso et du Mali. Emigrants conquerants, ils se sont installes dans les abris rocheux de leurs predecesseurs apres les avoir chasses, utilisant comme tombeaux les niches d'habitation des Tellem et batissant de caracteristiques villages en banco ponctues par les greniers de mil au toit pointu. L'agriculture, la chasse et la peche dominent leurs
activites quotidiennes. Ils connaissent, aussi, parfaitement les proprietes des plantes de la brousse
et maitrisent la pharmacopee traditionnelle.

Un evenement extraordinaire rythme la vie de l'homme Dogon: le SIGUI. Il s'agit d'un grand rituel pratique tous les soixante ans. La ceremonie dure sept ans. L'homme particulierement chanceux voit deux sigui et l'homme extraordinaire assiste a trois sigui: le premier lorsqu'il est encore dans le ventre de sa mere, le second a l'age mur et le troisieme au grand age. D'ou tout homme peut assister a un sigui.

La danse du sigui, appelee "sigui melu", ainsi que la musique sont confiees a l'awa une societe initiatique chargee d'accomplir les levees de deuil, moment central des rites funeraires. Le contenu sacre est transmis par les "nunge pei" ou vieux chants. A cote de ces derniers existent aussi les "danji" ou chants funeraires proprement dits, les "boroni" ou chants de douleur et les "semele" ou chants de la mort. Les nunge pei contiennent aussi les chants lies a l'intronisation du HOGON ou chef-patriarche des Dogon, a l'agriculture et aux repertoires secrets des hommes et des femmes, executes au moment de la derniere etape des funerailles.

Tous les deux ou trois ans, apres les recoltes, mais aussi au retour d'une chasse fructueuse et lorsque plusieurs personnes sont mortes dans un village, se deroule le "dama" ou danse des masques ordinaires au caractere moins secret et exigeant que ceux du sigui. Dans ce contexe le masque le plus celebre est le KANAGA, mais on trouve egalement le masque maison a etages, le masque echassier. Les danseurs le tiennent avec les dents. Les femmes, a l'exception des soeurs
des masques n'ont pas le droit de participer aux danses.

"C'est Dieu qui donne de l'eau aux termites et procure a boire pour les pintades." - un dicton dogon plein de sagesse qui initie un tres beau CD de l'Awa de Sangha rehausse par la voix mistique de Sekou Dolo "Musique des masques et des funerailles". Les instruments, temoins du temps et de l'evolution, sont composes de percussions diversifiees: le bar po ou tambour-calebasse, le bai na ou grand tambour, le boi tolo ou petit tambour, le gom boi ou tambour a aisselle et le sujei ou sifflet (rempalce parfois par une cloche). Les voix se repartissent en plusieurs categories: le soliste qui entonne le chant et la chorale qui le reprend a l'unisson. Les voix s'echelonnent a des hauteurs diverses: le vociferateur qui parle-chante au-dessus du chant le sigui so ou langue secrete du
sigui, le crieuer qui dynamise a la fois les musiciens et les danseurs.

Chez le Dogon tout ce qui est célébré pour les défunts a pour but de les accompagner jusqu'au séjour des morts. Si les rites n'ont pas été observés selon la tradition, l'âme des défunts est errante. On craint alors qu'ils rentrent de nouveau dans le village pour faire du mal. Lorsque quelqu'un va présenter ses condoléances pour un mort, avant d'entrer dans le village, il prend quelques feuilles d'arbre, les pose à terre et met un caillou dessus pour indiquer au mort qu'il ne doit pas y entrer.

A travers ce tres joli CD "Musiques et chants des dogons", l'auditeur sera deja initie avant la
prochaine ceremonie du Sigui qui aura lieu en 2027.

Vive la musique du Mali!

Vous trouverez vos archives de Net-Culture sur la
page: www.maliwatch.org

 

 

 


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