Béma : des gendarmes rançonneurs tirent sur un entrepreneur
Une mission de l'entreprise Gassama construction a été attaquée le mercredi dernier à l'entrée de la localité de Béma (Cercle de Nioro du Sahel) par deux gendarmes mal intentionnés, qui ont ouvert le feu sur le véhicule de la mission. Un incident qui pose une fois de plus le problème de la discipline et celui de la canalisation de nos forces de sécurité.
Acte de banditisme ?
La question mérite d'être posée au sujet de cette attaque perpétrée par les deux gendarmes. Les deux compères, en service à Troungoumbé (cercle de Nioro su Sahel), se sont transportés à Béma. Ils se postèrent à 1 km de cette localité au bord de la principale route d'accès. Leur intention était évidente : rançonner les usagers en cette journée de foire hebdomadaire de Béma.
C'est ainsi que la mission de Gassama construction en route pour Béma fut attaquée par les deux complices. Cette mission était constituée de El Hadji Dramane Gassama (l'entrepreneur), Nouhoum Camara (le maître maçon) et Mamoutou Traoré (le chauffeur). L'entreprise faut-il le présier, est chargée de la construction de plusieurs caisses d'épargne et de crédit dans le secteur de Nioro du Sahel, au compte du projet de réduction de la pauvreté dirigé par Mme Sy Kadiatou Sow.
Gassama construction a été retenu pour la construction des caisses, suite à un appel d'offres enlevé par Jigiyaso-Ba.
C'est dans le cadre de la supervision des chantiers que El Hadji Dramane Gassama et ses agents étaient dans le secteur. Ils avaient quitté Troungoumbé et se rendaient à Diéma lorsqu'ils sont tombés sur les deux gendarmes rançonneurs.
Actuellement admis à l'hôpital Gabriel Touré, Gassama témoigne : "c'est à 21 heures (le mercredi) que nous avons été surpris par les deux hommes. Ils ont surgi d'une buisson et ont braqué leurs armes sur notre véhicule. Comme, ils étaient enturbanés, nous avions cru que nous avions à faire à des bandits. J'ai dit au chauffeur de ne pas s'arrêter. C'est alors qu'ils ont commencé à tirer". Une balle a atteint Gassama au tibia et à fait éclater l'os à ce niveau. Aujourd'hui, une amputation de la jambe de l'entrepreneur n'est pas exclue.
De son côté, le maître maçon, après avoir été éjecté du véhicule, fut appréhendé, copieusement maltraité, puis menotté par les deux gendarmes.
Entre temps, Gassama et son chauffeur sont parvenus à atteindre, Béma. Ils ont signalé la présence de deux individus et fait le compte rendu de l'incident à la gendarmerie.
Les gendarmes de Béma seront également alertés par un camionneur qui est arrivé peu à près sur les lieux de l'attaque et qui avait assisté à la scène.
Les éléments de Béma ont procédé à la libération du maître maçon. Quant à Gassama, il fut évacué sur Nioro du Sahel avant de l'être à Bamako, où il a été directement acheminé, à l'hôpital Gabriel Touré. Là il a reçu la visite d'une délégation de la direction générale de la gendarmerie. Et les deux gendarmes ?
D'après certaines informations ils auraient été arrêtés, puis déférés à Kayes.
Déjà, le projet de réduction de la pauvreté, la caisse Jigiyasso-Ba et l'entreprise Gassama construction ont décidé de porter plainte.
A cet sujet, Mme Sy Kadiatou Sow affiche sa détermination : "nous irons jusqu'au bout pour que cet acte ne reste pas impuni".
Halte à la dérive
L'attaque de Béma perpétrée par deux porteurs d'uniforme, vient malheureusement ternir l'image de nos forces de sécurité. Depuis quelques temps, en effet, des éléments incontrôlés de l'armée et des forces de sécurité se livrent à des actes d'indiscipline et même de brigandage, préjudiciables à l'image de l'institution militaire.
Vol, rackett, attaque à main armée, escroquerie : autant de maux qui sont devenus une réalité dans les rangs. Si bien que certains éléments de nos forces de sécurité sont en passe de devenir une source d'insécurité pour nos populations. Ni les radiations, ni les mises en garde des hautes autorités, dont le chef de l'Etat, chef suprême des armées, n'ont pas changé grand'chose.
La redynamisation de la police militaire à Bamako est la preuve que les autorités sont déterminées à mettre de l'ordre dans les rangs et à endiguer le mal. Mais sur le terrain, des brebis galeux (habillés en uniforme) sévissent. Malheur au citoyen qui tombe, entre leurs griffes. Si certains d'entre eux, ont été appréhendés, d'autres continuent leur sale besogne, en toute impunité.
Et une troisième catégorie arrive à se soustraire de la justice après avoir commis des actes répréhensibles. Elle (cette catégorie) est composée d'éléments qui ont des appuis solides en hauts lieux.
La dérive est désormais réelle. Cette situation interpelle une fois de plus les plus hautes autorités militaires du pays.
C.H Sylla
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