[mAliLink2] Un Enseignant s'en prendre à un gosse de 19 mois

From: b1qvhi38 (doumbia@sympatico.ca)
Date: Tue Dec 02 2003 - 14:25:49 EST


Comment peut-on s'en prendre à un gosse de 19 mois ?
Certains actes perpétrés par des hommes supposés normaux échappent à toute logique. Ils sont encore moins acceptables lorsqu'ils sont à mettre au compte de personnes que nous considérons garantes de bonnes mours et gardiennes de la morale sociale. Comment par exemple accepter qu'un éducateur, maître du premier cycle, ayant donc à charge de très jeunes enfants, puisse s'acharner sur un gosse de 19 mois, qui est de surcroît son premier et unique fils ? Comment comprendre ce comportement à un moment où toutes les sciences de l'éducation mettent l'accent sur la participation de l'enfant au processus de son apprentissage ? C'est à dire un moment où l'apprenant n'est plus considéré comme ce crâne vide où l'on peut déverser tout ce qu'on veut et à qui on demande ensuite de dégorger sans rien y comprendre ce qui lui a été mis en tête.
M. D. (nous nous limitons pour le moment à ses initiales par égard pour sa famille et pour ne pas traumatiser ses jeunes élèves) est donc un maître de premier cycle. Ce qu'on peut assurer sans la moindre hésitation, c'est qu'il est en complet déphasage avec la présente époque. Une autre chose est certaine, les parents dont les enfants fréquentent la classe de ce peu ordinaire "miché" ont de très bonnes raisons d'être inquiets. De même que le directeur de son école située à Sabalibougou doit aussi se faire du souci. Tant qu'il aura au sein de son personnel des individus du calibre de M. D., il n'est pas à l'abri d'une convocation à la police ou à la gendarmerie pour expliquer pourquoi il héberge dans son établissement un "pédagogue" capable de coups et blessures volontaires sur mineur. Ce qui est sûr, c'est que les parents de l'enseignant eux-mêmes s'inquiètent du dérapage de ce dernier et se demandent très sérieusement si un démon n'a pas visité M. D. le 27 novembre dernier.
Une brutale injonction - Ce jour était un moment de liesse prolongée. Les Maliens, qui venaient de mettre fin à 29 jours de jeûne, étaient encore à s'échanger les salutations traditionnelles. Les gamins se jetaient par bandes entières dans les Sotrama ou dans les rues pour réclamer leur "sambé sambé". Il était 16 heures ce jeudi. Farima Keita, qui avait été longtemps la copine attitrée de M. D. avant de devenir son épouse, s'activait près de sa cuisine. Elle venait de balayer la cour et de ramener de la pompe du quartier plusieurs seaux d'eau. Mahamadou, son mari, était assis à l'ombre d'un mur. Leur unique enfant, né le 19 janvier 2002 (le jour même de l'ouverture de la coupe d'Afrique des Nations dans notre pays), s'amusait près de son père. A un moment donné, le bébé s'était mis à crier, puis à pleurer. M. D. sans daigner se lever appela Farima et lui demanda de faire taire l'enfant. Sinon, prévint-il, il leur flanquerait à tous les deux une sévère correction.
Farima connaissant bien son mari et savait que pour un rien, ce dernier ne se faisait pas prier pour porter la main sur elle comme sur le jeune enfant. Elle vint donc prendre le gosse et le mit sur son dos. Mais le bébé très énervé ne se calma pas, malgré les efforts déployés par sa mère. L'enseignant perdit alors patience. Il lança un deuxième ultimatum. Soit sa femme emmenait l'enfant loin de lui, soit elle trouvait un moyen pour le faire taire. Affolée par cette injonction brutale de son époux, Farima entra dans sa chambre à coucher et tenta de faire cesser les pleurs du gosse. Peine perdue. Elle entendit son mari lui ordonner d'amener le bébé.
Le cour de Farima se mit alors à battre très fort. La dame savait son mari capable d'exploser brutalement. Elle prit le gosse et tenta de sortir de la chambre avec lui pour s'enfuir de la maison. Mais il était déjà trop tard. M. D. qui avait deviné ce projet s'était mis sur leur chemin, juste devant la porte de la chambre à coucher. Farima laissa alors l'enfant sur le lit et essaya de se sauver seule. Elle put ainsi s'échapper de la chambre. N'ayant pu coincer sa proie, M. D. revint s'asseoir dans la cour. Le petit resta donc seul sur le lit de son père et de sa mère en train de pleurer à tue-tête. Un moment, il s'interrompit pour se vider l'estomac sur le lit. Cela dut le soulager considérablement, puisqu'il se tut sans avoir besoin d'être dorloté ou consolé.
Le brusque silence intrigua M. D. qui vint voir ce qui se passait dans la chambre. Il fut désagréablement surpris de constater que toute sa couche et certains des papiers qu'il avait laissé dessus étaient imbibés des déchets de l'enfant. Il ressortit immédiatement et hurla à Farima de venir voir ce que son enfant avait fait. La pauvre dame accourut et ne put que constater les dégâts. Elle plia tous les draps et sortit pour les laver. Puis elle revint prendre l'enfant afin de lui faire une toilette complète.
Une trace profonde sur le corps - M. D. suivait sans broncher ce manège. Puis il vint tranquillement prendre l'enfant et le déposa près de son siège. Il entra ensuite dans la chambre à coucher et en sortit avec une lanière faite d'un fil électrique. Sans sourciller, comme on battrait une vipère de vient de mordre votre enfant, l'enseignant s'acharna sur le gosse et se mit à le rouer de coups. Le gamin se mit à vociférer de douleur, puis à hurler à pleins poumons. Sa mère, qui n'osait lui porter secours, courut s'enfermer à double tour dans sa chambre. Le bourreau pendant ce temps continuait de manière impassible son office. Chacun de ses coup laissait une trace profonde sur le corps de l'enfant et des gouttes de sang perlaient déjà des blessures ainsi infligées.
La pauvre mère était au supplice. Elle avait la certitude que son monstre de mari battrait le gosse à mort, mais la terreur la paralysait littéralement sur place. Elle se disait qu'en sortant pour intervenir, c'était à sa propre vie qu'elle pouvait dire adieu. Heureusement, une personne de passage fut alertée par l'attroupement des enfants qui regardaient l'odieux spectacle. Le quidam entra sans hésiter et retira l'enfant au forcené. Il amena le gosse au commissariat du 11è arrondissement. Là, les policiers tous choqués par ce qu'ils voyaient se mirent immédiatement à la recherche de l'enseignant. Trouvé à son domicile, l'homme fut conduit et placé directement en garde à vue. Il faisait déjà nuit et l'on ne pouvait le laisser en liberté, car il risquait de s'en prendre à sa femme.
Le lendemain, M.D. fut pris en charge par l'inspecteur Daouda Diarra, chef P.J. Contrairement à ce que l'on pouvait croire, l'homme ne nourrissait pas le moindre remords pour ce qu'il avait fait. Il affirma devant les policiers que l'enfant était "mal élevé" et que il avait l'habitude de lui "manquer de respect". Il appuya ce qu'il avançait en indiquant que le bébé avait osé se soulager sur son lit. Et cela après que sa mère l'eut encouragé à cela !
Devant de telles divagations, les policiers se virent dans l'obligation de mener une autre enquête sur l'état mental de M.D. En attendant les résultats de celle-ci, tous ceux qui ont vu l'état du dos de l'enfant sont convaincus que Diallo n'est pas normal. Hier au moment nous quittions le commissariat, la mère de l'enfant qui portait ce dernier en kangourou était aussi entendue par les hommes du commissaire Missa Balla Diakité. Ces derniers veulent tout faire pour comprendre quelles sont les pulsions qui guident M.D. Un homme qui n'a vraiment pas sa place dans une salle de classe. Mais qui la trouverait sans peine dans un asile pour déficients mentaux.

G. A DICKO

___________________________________________________
mAliLink: Forum de discussion Malien
http://www.malilink.net



Copyright (c) mAliLink