[malilink] [Le Monde] : Trois questions à...  Dominique de Villepin

From: moussa fofana (moussaf@yahoo.com)
Date: Thu Dec 19 2002 - 11:14:30 EST


Le Monde

Cet article du Monde
vous est envoyé par moussa fofana (moussaf@yahoo.com).

Malilink,


Le Monde Interactif

Trois questions à...  Dominique de Villepin
Jeudi 19 décembre 2002
(LE MONDE)

"Nous n'avons évidemment pas vocation à nous substituer à nos amis africains".

Pourquoi, avant de s'engager dans la sécurisation coercitive du cessez-le-feu en Côte d'Ivoire, la France, dont vous dirigez la diplomatie, n'a-t-elle pas sollicité un mandat des Nations unies ?

Il ne s'agit pas là d'une mission nouvelle. En renforçant son dispositif, la France n'a d'autre but que de faciliter la mise en place de la solution politique seule capable d'apporter une réponse durable. Depuis le début de la crise, nous assurons la sécurité des ressortissants français et étrangers, et la stabilisation du cessez-le-feu conclu le 17 octobre. La persistance de l'instabilité sur le terrain et l'apparition de nouveaux fronts ont conduit, tout naturellement, à renforcer le dispositif pour garantir son efficacité, dans l'espoir d'éviter une catastrophe humanitaire.

Les menaces que fait peser sur l'ensemble de la région la crise en Côte d'Ivoire justifient une mobilisation collective et l'appel à la responsabilité de tous. Cette rè- gle vaut d'ailleurs pour tous les conflits de notre monde. Nous sommes en contact permanent avec les Nations unies qui devraient être associées aux prochaines réunions que nous proposons de tenir à Paris. Le Conseil de sécurité pourrait en débattre dans les prochains jours. Nous avons déjà saisi le haut-commissaire aux droits de l'homme pour mener une enquête sur les exactions et les violences intervenues, depuis le début de la crise. Nous dénonçons la spirale de la haine et de la xénophobie.

Le renforcement du contingent français ne consacre-t-il pas l'échec des médiations africaines ?

Depuis le départ, le renforcement du dispositif français s'inscrit en appui à la médiation africaine, en attendant la mise en place des forces de la Cedeao [Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest].

C'est là un principe central de notre politique. Nous n'avons évidemment pas vocation à nous substituer à nos amis africains. Ces médiations témoignent – à l'instar du Nepad [Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique] – de la volonté qui se fait jour sur le continent de se mobiliser collectivement pour la paix, la démocratie et le développement.

Quelle est la concertation avec les partenaires européens, qui évacuent leurs ressortissants au moment où la France renvoie des soldats en Côte d'Ivoire ?

La concertation et la coordination sont totales et constantes. J'ai évoqué cette situation avec nos principaux partenaires lors de la dernière réunion du conseil des ministres ainsi qu'à Copenhague. Il faut notamment définir l'aide à apporter à la Côte d'Ivoire, comme aux pays voisins, qui accueillent d'importants flux de réfugiés.

Propos recueillis par Stephen Smith




*Droits de reproduction et de diffusion réservés; © Le Monde 2002
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.
Politique de confidentialité du site.

---------------------------------------------------------------- Visitez http://www.mAliLink.net pour vous deconnecter Service offert par http://www.afribone.com ----------------------------------------------------------------



Copyright (c) mAliLink