
Cet article du Monde
vous est envoyé par Moussa Fofana (moussaf@yahoo.com).
Malilink,
L'Afrique de l'Ouest saisit le Conseil de sécurité des Nations unies pour résoudre la crise ivoirienne Jeudi 19 décembre 2002 (LE MONDE) Réunis à Dakar, les dirigeants ouest-africains ont décidé le déploiement d'une force de paix avant le 31 décembre et demandé des "réformes profondes" au régime en place à Abidjan. | ||
Trois mois après le début de la guerre civile en Côte d'Ivoire, l'Afrique de l'Ouest réaffirme sa volonté de trouver une issue au conflit, tout en lançant un appel à l'aide aux Nations unies. Mercredi soir 18 décembre, à Dakar, le dernier en date d'une série de sommets de la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a fixé la fin de l'année comme "date limite" pour le déploiement d'une force régionale en Côte d'Ivoire, chargée d'assurer "le retour à l'ordre républicain". En contrepartie de cet appui à sa "légitimité de président démocratiquement élu", le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, devra présenter "dès la semaine prochaine un plan global de sortie de crise", dont le! s "réformes profondes" seraient entérinées par des "consultations populaires". Mais la portée de ces bonnes résolutions est limitée, à la fois, par la faible représentativité du sommet de Dakar et par l'absence de mise en œuvre des décisions antérieures. Depuis la mi-octobre, au nom de la Cedeao, les médiateurs ouest-africains se bousculent au chevet de la Côte d'Ivoire. Entretemps, les "casques blancs" de la Cedeao, bien qu'équipés depuis un mois par des puissances occidentales, également prêtes à les rémunérer et à les transporter sur place, sont restés l'arme au pied. Il y a une semaine, "face à la détérioration de la situation en Côte d'Ivoire", la France a décidé d'y renforcer son contingent militaire qui aurait dû être relevé par la force de paix ouest-africaine dès la fin novembre... Mercredi, à bord du navire La Foudre, qui a quitté la rade de Toulon, 300 soldats, ainsi que des hélicoptères et des véhicules blindés avant (VAB) ont été dépêchés en Côte d'Ivoire, où ils sont attendus dans dix jours. Les effectifs de l'opération "Licorne" atteindront ainsi entre 2 300 et 2 500 hommes, selon le porte-parole de la Défense. Après avoir déjà été portés, en catimini, de 1 200 à 1 600 soldats à la fin novembre, quelque 300 autres soldats s'ajouteront donc aux "500 à 600 hommes" dont l'envoi a été annoncé le 11 décembre. Pour sa part, le sommet de Dakar manquait d'affluence. Conviés par le chef de l'Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, pour "adopter un programme clair et net de rétablissement de la paix en Côte d'Ivoire", seuls trois présidents – sur les quinze que compte, au total, la Cedeao – ont répondu à l'appel. Ne sont venus que les deux protagonistes du conflit, l'Ivoirien Ggabgo et Blaise Compaoré, le chef de l'Etat du Burkina Faso voisin, ainsi que le président du Cap-Vert. En revanche, aucun des six chefs d'Etat du "groupe de contact", chargé de la gestion de la crise ivoirienne, n'a fait le déplacement. Même le médiateur attitré de la Cedeao, le président togolais Eyadéma, dont la rivalité avec Abdoulaye Wade relève du domaine public, est resté à la maison. Dans ces conditions, difficile de passer le relais d! 9;un mois de négociations, à Lomé, entre le pouvoir et les rebelles ivoiriens pour organiser, à Paris, une "table ronde élargie à toutes les forces politiques ivoiriennes". "PARFAITE MAÎTRISE" La France s'est proposée, le 11 décembre, d'accueillir un tel forum, seconde étape dans la recherche d'une solution pacifique. Mais, le président sénégalais a estimé, mercredi soir, que "pour l'instant, la France n'aura pas besoin" d'organiser ni un nouveau sommet des chefs d'Etat africains concernés, ni une table ronde. Non sans raison, il a prêté à Paris l'intention de désembourber la médiation africaine par le simple effet d'annonce de son initiative parallèle. Or, a affirmé Abdoulaye Wade, "nous avons une parfaite maîtrise au niveau des chefs d'Etat du processus de paix en Côte d'Ivoire"... Paris est donc seulement prié d'appuyer la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies, dont la Cedeao demande qu'il se réunisse "sans délai"pour sanctifier, et éventuellement financer, ! ses efforts de pacification. Dangereusement exposée en Côte d'Ivoire, doutant de la "pression des pairs africains" sur Laurent Ggagbo dont elle voulait faire le vecteur de son influence, la France est favorable au recours à l'ONU. Ce qui marque une évolution : il y a une semaine, Paris avait annoncé l'envoi de ses renforts, sans la moindre allusion ni à une quelconque demande des autorités d'Abidjan ni à un mandat de la communauté internationale. Mais, depuis, le doute s'est installé sur la capacité à "tenir" le président ivoirien. "Plus on sécurise [Laurent] Gbagbo, plus on favorise son intransigeance et la dérive criminelle de son régime", craint une source au Quai d'Orsay. S'y ajoutent l'hostilité des rebelles, qui reprochent à la France d'avoir "choisi son camp" et, mercredi, pour la première fois depuis dix jours, la repri! se des combats à Man, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Stephen Smith | ||
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