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From: Mohomodou Houssouba (mhousso@freesurf.ch)
Date: Mon Nov 10 2003 - 09:31:06 EST


Affaire Soroba: la ligne de défense du réseau Kayira
l'Essor n°15080 du - 2003-11-10 08:00:00

Soroba, un village de la commune rurale de Pelingana aux portes de
Ségou, a les honneurs de l'actualité pour s'être retrouvé au centre
d'une querelle qui s'est envenimée entre Radio Sido de Ségou et
l'huissier Souleymane Doumbia.

Après avoir emprunté auprès de la BNDA, Soroba n'a pu tout rembourser
tant et si bien qu'au terme d'une procédure judiciaire, la banque
chargea l'huissier d'effectuer une saisie des biens de l'Association
villageoise. Souleymane Doumbia confisqua des b¦ufs, les vendit et la
banque récupéra son argent.
Point final ? Pas du tout car Radio Sido et le parti Sadi entrent en
scène pour défendre des paysans qu'ils jugent spoliés. Dès lors, les
versions des faits se multiplient à la même vitesse que les
accusations et les chiffres changent du tout au tout selon
l'interlocuteur.
L'huissier, interrogé par différents journaux, assure que tout s'est
passé dans les règles, qu'il a saisi 52 b¦ufs vendus plus tard à 2,5
millions sur lesquels un peu plus de 2 millions ont servi à régler le
reliquat de la dette, les dommages et intérêts et diverses dépenses
-dont sa facture- nécessitées par l'affaire.
En fait l'aspect "gros sous" de l'affaire est passé entre-temps au
second plan car après une plainte pour diffamation déposée par
Souleymane Doumbia et la chambre régionale des huissiers de Ségou,
trois agents de radio Sido et un responsable de Sadi sont arrêtés.
La station faisant partie du Réseau de communication Kayira, on
comprend dès lors pourquoi la direction du réseau par la voix de
Oumar Mariko et de son avocat Me Amadou Tiéoulé Diarra, a tenu à
exposer son point de vue lors d'une conférence de presse organisée
jeudi. Un point de vue à l'opposé de celui de l'huissier ségovien
comme on peut s'en douter.
Oumar Mariko et Amadou Tiéoulé Diarra ont assuré que 80 b¦ufs avaient
été confisqués pour rembourser un reliquat de créance dépassant à
peine 550 000 FCFA et qu'un animal avait été abattu sans
autorisation. L'avocat a aussi contesté le principe de solidarité mis
en avant pour justifier la saisie. Tout le monde, relève-t-il,
n'était pas membre de l'A.V. et celle-ci de surcroît n'avait aucune
existence juridique.
Oumar Mariko lui, a relié la querelle de Soroba avec la saisie par un
autre huissier de l'équipement de Radio Sido pour une affaire de
cotisations impayées à l'INPS. C'est, a-t-il estimé, un règlement de
compte dont est victime le réseau Kayira.
Le réseau a salué le soutien qui lui a été apporté par l'UJAO, l'ORJM
et RSF et a demandé la liberté provisoire pour les animateurs
arrêtés. Amadou Tiéoulé Diarra s'est étonné, à ce propos, qu'une
accusation de diffamation puisse conduire des journalistes en prison
alors que la nouvelle mouture de la loi sur la presse protège contre
de telles extrémités.
Souhaitons pour nos confrères que la justice ségovienne fasse la même
lecture du texte lorsqu'elle sera appelée, le 18 novembre, à se
prononcer sur la demande de mise en liberté provisoire.

S. BADIAGA © L'Essor en ligne

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