[mAliLink2] fyi: presse en région (arrestations et questions à ségou )

From: Mohomodou Houssouba (mhousso@freesurf.ch)
Date: Sat Nov 08 2003 - 16:55:34 EST


L'arrestation d'animateurs de la presse rurale (Ségou) sur ordre d'un
huissier lésé par leur reportage, selon les défenseurs politiques et
avocats, est reportée et commentée sporadiquement dans la presse
bamakoise et des dépêches de l'Agence France Presse dont je vous
livre la séquence sous ma main. Lisez et jugez-en et si vous avez
des informations supplémentaires, n'hésitez pas à les partager. C'est
une affaire curieuse et inquiétante. L'intimidation judiciaire a des
précédents pourtant, lorsque des membres du corps judiciaire
s'acharne contre la presse. Qu'il s'agisse en 2001 de la menace des
magistrats sur le directeur de l'Office de Radiodiffusion et
Télévision du Mali, Baly Idrissa Sissoko, parce que l'ORTM a diffusé
les accusations de corruption judiciaire exprimées par Ibrahima Iba
N'Diaye, Maire Central de Bamako et dirigeant de l'ADEMA. Ou en
2003, la plainte des juges de la Cour Constitutionnelle contre Les
Echos de Bamako dans l'affaire du décompte des résultats des
élections. Des personnalités de l'Adema ont accusé la Cour
Constitutionnelle de partialité. L'annulation de nombreux bulletins
de vote ont apparemment coûté à l'Adema des sièges au Parlement. La
plainte de diffamation a été abandonnée à la fin mais tout de même
ces cas épisodiques de pression sur la presse, venant de la
magistrature recèle un malaise plus profond. Ce corps est souvent
harcelé à distance, si on suit la presse, à travers les accusations
vagues de corruption et d'affairisme. Je pense que si la justice est
sérieuse dans sa propre réforme, elle doit se soumettre aux mêmes
règles de transparence que la classe politique, comme tout corps du
service public, en tolérant la publication d'affaires précises la
concernant. Evidemment, comme les autres citoyens les juges,
huissiers et autres ont le droit de se défendre contre les
diffamations volontaires. Mais les autres citoyens ne peuvent pas
jeter un journaliste en prison pour diffamation. Il leur faut un
recours en justice. Ce qu'en fait un juge même hésiter de faire, de
se comporter comme nimporte quel citoyen, parce qu'il a des moyens de
se faire entendre. Les membres intègres de la justice doivent
supporter une presse libre qui les aideront à sauver une fonction
profondément discréditée au Mali et qui le restera même si on jette
chaque auteur d'article "diffamatoire" ou "tendancieux" en prison. Je
m'arrête sur ce point, puisque nous avons souvent dénoncé le manque
de professionnalisme d'une grande partie de la presse. C'est
légitime. Mais, il faut reconnaître que cette presse reste quand même
le meilleur rempart contre l'arbitraire et l'impunité dans notre
pays. On n'a pas besoin d'être populiste pour savoir les enjeux
lorsqu'il s'agit d'un huissier de province, une banque de crédit
agricole et une radio rurale, sous fond d'affaire d'argent. Il faut
défendre la presse libre contre toute agression tout en la soumettant
à une critique constructive et objective, quand elle dérape. Même si
l'affaire suivante peut réveler d'autres surprises et intrigues, il
n'en demeure pas moins un coup grave pour la liberté d'expression.

Mohomodou Houssouba

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A PROPOS DES ARRESTATIONS DES ANIMATEURS DE LA RADIO "SIDO" A SEGOU : Le Dr. Mariko crie à un complot politico-judiciare. - L'Indépendant.

Le Réseau Kayira vient de pousser loin le bouchon, au sujet de l'arrestation de quatre de ses animateurs (Mamadou Chérif Haïdara, Greta Bâ et Mamoutou Traoré ) dans la capitale des balazans, pour diffamation et atteinte à l'honneur de huissier Souleymane Doumbia, en organisant une conférence de presse.

C'était hier jeudi 6 novembre à la direction du Réseau sis à Djélibougou. Pour le principal orateur, le Dr. Oumar Mariko qui avait à ses cotés l'avocat des détenus. Me Amadou Diarra, l'arrestation des animateurs de la radio "Sido" est une atteinte à la liberté d'expression et à la profession de journaliste.

Aussi, le Dr. Mariko a déclaré que cette arrestation n'est ni plus ni moins qu'un complot politico-judicaire. Il n'a pas manqué d'indiquer que la radio "Sido", à travers laquelle l'on voit le parti Sadi (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l'Intégration), dérange énormément sur l'échiquier politique national. Pour appuyer sa thèse, le Dr. Mariko a affirmé que l'huissier, Souleymane Doumbia qui est à la base de l'arrestation, est du Mouvement Citoyen.

De son côté, Me Amadou Diarra a qualifié d'arbitraire la détention de ses clients car, a-t-il soutenu, en ces heures de dépénalisation des délits de presse, la détention des quatre animateurs de la radio "Sido" de Ségou ne saurait se justifier. Il n'a pas manqué de fustiger la volonté de certains huissiers de Ségou à opposer presse et justice.

Rappelons que l'arrestation des animateurs de la radio "Sido" est intervenue suite aux traitements que les intéressés ont fait de l'affaire des villageois de Soroba, dans le cercle de Ségou, qui oppose une association à la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA).

En effet, certains habitants du village de Soroba regroupés en GIE avaient contracté un prêt de cinq millions de FCFA auprès de la banque pour le financement de leurs projets. Malheureusement, les débiteurs n'ont pas pu rembourser la BNDA, au terme de l'échéance convenue. Ainsi, la banque va recourir aux services de l'huissier Souleymane Doumbia pour recouvrer ses sous. Ce dernier, selon la radio "Sido" a procédé à des saisies arbitraires.

D'où la plainte de l'huissier qui a abouti à l'arrestation, il y a quelques semaines, des auteurs ainsi que l'administrateur de la radio, un certain Mahamadou Dicko qui est par ailleurs un des premiers responsables du parti Sadi à Ségou. Une affaire à suivre, affirme Alassane Diarra

--- Le CPJ demande la libération de trois journalistes maliens arrêtés

DAKAR, 6 nov (AFP) - 20h35 - Le Comité pour la protection des journalistes basé à New York) a demandé "la libération immédiate et inconditionnelle" de trois journalistes maliens arrêtés fin octobre au Mali, dans une lettre adressée au président malien Amadou Toumani Touré, a-t-on appris jeudi à Dakar.

Chérif Haïdara, directeur des programmes de la radio privée Sido, Mamoutou Traoré, directeur et Gata Bâ, reporter, ont été interpellés respectivement les 20, 24 et 26 octobre par la police à Ségou (240 km au nord de Bamako). Ils ont été arrêtés pour la diffusion, au début du mois, d'un reportage dans lequel une association villageoise critiquait une décision de justice à leur encontre en faveur d'une banque locale, selon le CPJ.

L'organisation a adressé mercredi au président malien une lettre, dont une copie a été reçue jeudi par l'AFP à Dakar.

"En tant qu'organisation indépendante de défense des journalistes (...), le CPJ condamne l'incarcération (des trois journalistes) et appelle à leur libération immédiate et inconditionnelle", affirme dans ce courrier la directrice du Comité, Ann Cooper.

"Le CPJ est profondément inquiet de cette détention prolongée", déclare Mme Cooper, estimant qu'elle constitue "un développement alarmant dans un pays considéré comme un modèle pour la liberté de la presse en Afrique.

"Nous exhortons votre Excellence à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les journalistes maliens puissent exercer librement leur profession, sans peur d'être sanctionnés", ajoute la directrice du CPJ.

Le 31 octobre, le Conseil supérieur de la communication du Mali (CSC) avait "fermement condamné" l'arrestation des trois journalistes, qualifié d'"abus grave dénotant d'un recul de la liberté de presse" dans le pays.

Selon le président du CSC, Moussa Keïta, la radio Sido est membre d'un réseau de radios dénommé "Kayira" appartenant au parti malien de la Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi).

Selon le président de cette formation, Cheick Oumar Sissoko, joint depuis Dakar, les trois journalistes étaient toujours détenus jeudi soir.

Un membre du parti Sadi, qui avait été arrêté pour les mêmes raisons que les trois journalistes, a été mis en liberté provisoire pour raison de santé, a précisé M. Sissoko, par ailleurs ministre de la Culture de son pays. --- Les professionnels condamnent l'arrestation de trois journalistes au Mali (AFP 01/11/2003)

BAMAKO, 31 oct (AFP) - 21h03 - Le Conseil supérieur de la communication condamne "fermement" l'arrestation la semaine dernière de trois journalistes maliens à Ségou (240 km au nord de Bamako), a déclaré vendredi à l'AFP son président, Moussa Kéita. L'arrestation des journalistes est "un abus grave qui dénote d'un recul de la liberté de presse au Mali", a indiqué M. Kéita, précisant que les trois hommes, avaient été arrêtés "pour avoir fait leur métier de journaliste" au sein de la radio Kayira appartenant au parti malien de la Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi).

"Je me suis rendu sur les lieux (à Ségou) et j'ai alerté les pouvoirs publics sur cette violation de la loi par des huissiers", a soutenu M. Kéita.

La radio, a-t-il ajouté, a diffusé une interview "de paysans victimes d'injustice. Les huissiers coupables +de mauvaise application de la loi+ vis-à-vis de ces paysans, ont (alors) fait saisir le matériel de la radio (...)" et susciter l'arrestation des journalistes.

Vendredi, le matériel de la radio avait été restitué, mais les trois journalistes étaient toujours en prison, a précisé Moussa Kéita, qui annonce qu'un responsable local du parti de la Sadi était également détenu dans le cadre de la même affaire.

© Copyright AFP --- Le Soir sur MaliWeb 31.10.2003 DES CONFRERES AUX ARRETS A SEGOU : * Me Amadou Diarra sort de sa réserve. Pourquoi l'huissier Souleymane Doumbia doit plaider coupable - Le SOIR de Bamako.

L'affaire de nos confrères de la radio Sido (Kayira 3) de Ségou défraie toujours la chronique dans la Cité des Balazans avec l'arrestation, en plus de Mohamed Dicko président de la section Sadi de Ségou, de Amadou Chérif Haïdara, de Gatta Bâ et de Mamoutou Traoré, tous collaborateurs de la radio Sïdo. La révélation nous été faite lors d'une conférence de presse animée principalement par Me Amadou Diarra l'avocat de nos confrères victimes d'abus de pouvoir de la part d'un huissier du nom de Me Souleymane Doumbia.

Pour rappel, nos confrères de la radio Sido de Ségou, notamment Gatta Bâ et Amadou Chérif Haïdara, ayant appris que les paysans du village de Soroba ont été dépouillés de leurs b¦ufs injustement, menèrent leur enquête. Il ressort de leur investigation que l'huissier Souleymane Doumbia a volontairement abusé de son pouvoir. En effet, il avait été commis par la BNDA pour recouvrer une partie de sa créance d'un montant 500 mille et quelques. C'est donc pour un peu plus de 500.000 F CFA que l'huissier Souleymane Doumbia saisit 83 b¦ufs des pauvres paysans de Soroba qui furent aussitôt mis en vente.

Les confrères Gatta Bâ et Amadou Chérif Haïdara ont donc dénoncé cet acte injuste de l'huissier Souleymane Doumbia qui a vendu 54 des b¦ufs saisis. Me Doumbia démarcha nos confrères par le biais des notables de Ségou pour qu'ils taisent l'affaire. Mais en vain. Il ne trouva alors d'autres moyens que d'assigner nos confrères en justice pour diffamation et menace de mort à son égard. Même incrimination pour Mohamed Dicko (Section Sadi de Ségou tout simplement parce qu'il a, lui aussi fait cas de la dérive de Me Doumbia. En ce qui concerne Mamoutou Traoré, il a été inculpé en tant que 1er responsable de la radio. Pendant ce temps. Me Souleymane abusa une deuxième fois de son pouvoir pour aller coffrer tous les matériels de la radio Sido (Kayira 3) de Ségou sous prétexte qu'elle est titulaire de l'INPS. Malheureusement pour notre prince d'huissier, l'instance dirigeante de l'INPS lui intima de restituer les matériels de radio, ce qui fut fait aussitôt. Après avoir été entendus par le procureur de Ségou, Mohamed Dicko, président de la section Sadi de Ségou, fut écroué.

Il ressort de l'enquête des crédits de la BNDA que seuls les membres de l'A.V sont habilités à payer les créances au nom de la règle de solidarité. Une autre erreur de l'huissier Souleymane Doumbia fut, d'après Me Diarra, de saisir lui-même les b¦ufs. Une chose que la loi ne permet pas. Au demeurant, ce différend pouvait être géré de façon consensuelle. Tel n'a pas été le cas. Selon Me Amadou Diarra, l'affaire Soroba et l'affaire de nos confrères sont intimement liées, sinon indissociables. Mais, Me Amadou Diarra, en avocat averti, réussit à transférer l'affaire à la Cour d'Appel de Bamako qui y statuera le 05 novembre prochain. Pour cela, il requiert la liberté provisoire pour ses clients. Certaines personnes sont-elles au-dessus des lois ? Doit-on permettre à un huissier de régler ses comptes personnels avec des paisibles populations au détriment de la loi ? Nous osons espérer que justice sera faite à la date prévue Car la loi est dure, mais, il faut dire, Souleymane Doumbia l'apprendra très certainement à se dépens, rapporte Adama S. Diallo.

© Le Soir de Bamako

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