Cet article du journal "Le Reflet" résume toutes nos activités dans nos debats sur la situation de l´Energie au Mali, ces derniers temps. Mais aussi bien au délà de cela. Il étale sur la place publique mon état d´âme sur les rélations du Mali avec la France. Tout celui au Mali et en Afrique qui se fait encore des illusions sur la capacité des Francais à resoudre un quelconque problême, économique, technique, politique en Afrique ne peut plus être sauver! Je suis personnellement convaincu que les hommes d´affaires Francais et Managers sont particulièrement incapables!
Je vous prie vraiment de prendre un peu de temps pour vous faire une idée précise de qui est décrit ici. Il en dit plus long que la situation à l´EDM, SA.
Bon appétit
Mahamadou
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CONTRE LES MAUVAISES PRESTATIONS D'EDM
L'arme du boycott des factures !
La société énergie du Mali (EDM) est la preuve palpable de l'échec de la politique de privatisation au Mali. En effet, le repreneur est loin de combler les attentes des autorités et surtout des populations. Une inefficacité chronique doublée de l'arrogance des responsables de Bouygues qui veulent continuer à nous imposer leurs règles du jeu en feignant d'ignorer que "le Mali n'est plus cette République bananière" qui leur avait bradé un maillon essentiel de sa souveraineté. Au-delà de la nécessité de la relecture de la Convention de cession de l'EDM, les clients doivent s'assumer en prenant des mesures de rétorsions contre la société.
Qui est ce Malien qui est aujourd'hui satisfait des services d'EDM ? Il y en n'a pas à notre avis ! Parce qu'EDM SA est aujourd'hui l'incapacité personnifiée. La société a montré ses limites dans la satisfaction des besoins des Maliens en eau et en électricité. Elle est incompétente au point que, de plus en plus, des voix s'élèvent pour exiger des autorités la résiliation du contrat de cession.
Des Maliens veulent qu'ATT résilie ce contrat comme Abdoulaye Wade l'a fait au Sénégal parce que le repreneur de la SONES n'arrivait pas à combler les attentes des Sénégalais.
Une révolte qui traduit un profond ras-le-bol des clients d'EDM SA. Il ne peut en être autrement dans la situation actuellement se traduisant par des délestages quotidiens et atteignant souvent les 24 heures, des pères ou des mères de famille somnolant au chevet de leurs enfants armés d'éventails, des factures volontairement gonflées, l'arrogance des agents... C'est l'image la plus fidèle que la boîte de Leborgne renvoie aujourd'hui aux Maliens toujours dans la hantise des factures salées des fins de mois
En dehors de la corruption, l'EDM SA est aujourd'hui la plus grande entrave au développement économique et social du Mali à cause de la piètre qualité des services vendus à prix d'or engloutissant les maigres revenus des populations qui n'ont guère le choix. Parce que l'énergie est le nerf de l'industrialisation d'un pays. Quelle que soit la politique incitative mise en place pour attirer les investisseurs, le coût de l'électricité le réduit à zéro. Le Kilowatt est vendu au Mali presque trois fois plus chers que chez nos voisins.
Non-contents de soumettre les Maliens à ces douloureuses épreuves, ceux qui exploitent leur infortune depuis l'occident veulent intimider les autorités en les dissuadant de voir clair dans leur gestion opaque. En effet, selon nos confrères de "Info Matin", c'est à cet exercice, qui en dit long sur la piètre opinion qu'ils ont pour nos pays et leurs dirigeants, que le PDG de Bouygues s'est livré lors de son récent séjour au Mali. Il avait accompagné le président Chirac pour venir régler à sa manière la polémique entre le gouvernement et l'une de ses tentacules (Saur et EDM SA) à propos de la gestion de la récente baisse tarifaire. Une arrivée précédée d'une cabale médiatique contre le ministre des Mines, de l'Energie et de l'Eau à qui il était reproché de s'entourer d'hommes avec qui il est en mesure de travailler.
Une attitude qui fait que le PDG d'EDM SA se fait rare dans la cour du département de l'Energie... Qu'est-ce qu'il allait y faire avec autant de régularité ? Ce n'est pas le siège de sa société que nous sachons ? Les Maliens ne lui demandent pas tant de zèle auprès des autorités, mais de leur donner régulièrement du courant et moins cher. Voilà ce qu'ils attendent de Francis Leborgne et de ses maîtres.
En arrivant dans son Jet privé pour complexer et intimider ses interlocuteurs, M. Olivier Bouygues croyait certainement atterrir dans une République bananière et non dans "un pays de fierté et de dignité qui n'a aucun complexe de sa pauvreté". Heureusement pour lui que l'hospitalité est une valeur cardinale dans notre pays. Sinon il serait rentré en France avant Chirac. Il a été surtout surpris de la réplique de son interlocuteur parce qu'il a "toujours travaillé en bonne intelligence" avec les prédécesseurs d'Ahmed Diane Séméga.
Un jeune cadre qu'il veut aujourd'hui abattre parce qu'il est devenu un sérieux obstacle aux intérêts capitalistes de sa multinationale. Ce que cet encombrant hôte n'a pas dit ouvertement, c'est que Bouygues a toujours agi dans les pays pauvres à sa guise. Elle a toujours dicté sa volonté aux autorités de ces États. La preuve, c'est que depuis la privatisation, les tarifs d'eau et d'électricité ont pris l'ascenseur sans raison valable. La diminution des prix n'est pas facile à avaler pour une société habituée à les augmenter chaque année.
Un échec prévisible !
"Si vous continuez comme ça, nous allons nous retirer car vous faites des histoires pour seulement six millions d'euros", aurait-il dit à M. Séméga qui ne s'est fait pas prier pour le remettre à sa place de suppôt du capitalisme inhumain. Il va de soit que six millions d'euros (environ 4 milliards de F CFA) ne représentent rien pour Olivier Bouygues dont la société se sucre sur le dos des populations dans plusieurs pays du monde. Mais, c'est quelque chose pour le Malien qu'il méprise et tente d'humilier par son arrogance. C'est quelque chose dans la satisfaction de la demande sociale qui conduit le Chef de l'État a exigé d'EDM SA une révision à la baisse des tarifs d'eau et d'électricité.
Mais, là où cela devient vraiment ridicule, c'est lorsqu'il nous menace de se retirer. Parce que c'est ce que les Maliens souhaitent le plus aujourd'hui. Parce que l'exploitation de nos ressources en eau et énergie ne profite qu'à la seule EDM et à la multinationale dont elle est l'une des cupides tentacules. Elle ne donne pas le courant et l'eau gratuitement aux Maliens. Bien au contraire ! Elle nous les vend à presque trois fois plus chers que dans beaucoup de pays africains. Une cherté que rien ne justifie après l'entrée en service de Manantali.
La tentative de pression et d'intimidation de M. Olivier Bouygues nous en dit long sur la méthode employée par Saur pour obtenir le monopole du secteur de l'Eau et de l'Energie au Mali. Il n'est un secret pour personne qu'EDM n'a pas été soumise aux mêmes règles de privatisation que les autres entreprises qui ont subi ce triste sort. Parce qu'elle n'a pas donné lieu à une vraie ouverture à la concurrence avec des offres en choix et en qualité. Ce qui fait qu'en lieu et place de la privatisation annoncée, on a plutôt assisté à une cession d'actions ayant abouti à la consolidation de la situation de monopole. C'est pourquoi la supposée privatisation a aujourd'hui toutes les peines du monde à tenir ses promesses.
En bradant l'EDM, les autorités de l'époque espéraient au moins pouvoir se soulager la conscience par la réduction des tarifs d'eau et d'électricité, l'amélioration de la qualité des prestations et l'extension du réseau. Mais, la cession n'a abouti ni à l'un ni à l'autre avantage. Elle a donc échoué. Un échec prévisible parce que les intérêts du pays n'avaient pas été assez bien défendus. Sinon Saur ne l'aurait pas emporté sans aucune stratégie de développement du secteur.
Une carence rendue évidente par la navigation à vue de la société incapable de satisfaire la demande en eau et en énergie des Maliens. Ce qui reste aux autorités maliennes, c'est la relecture de la Convention de cession d'EDM à Saur. Ce qui est légalement faisable. Mais, nous doutons que cela puisse suffire. Il faut donc envisager une mesure plus radicale comme la résiliation du contrat.
Il n'est pas évident que le gouvernement en arrive là parce que les intérêts en jeu sont énormes.
Que les clients s'assument !
Mais, les clients ne doivent plus se résigner et croiser les bras pour exiger de l'État d'amener EDM à la raison. Il est temps que, au niveau de la société civile, on s'organise pour contraindre cette entreprise à respecter sa clientèle. Comment ? Avec une vraie association des consommateurs, on peut l'assigner en justice. Par exemple, l'ASCOMA peut constituer un collectif d'experts pour expertiser les dégâts causés par les innombrables délestages aux abonnés
. Après les avoirs aidés à porter plainte, elle peut réunir également un groupe d'avocats pour défendre leurs intérêts. Parce que si peu de clients portent plainte contre la société, c'est qu'ils ne savent pas comment s'y prendre ou n'ont pas les moyens de faire les expertises nécessaires et de payer les services d'un avocat.
Si les plaintes n'aboutissent pas ou ne réussissent pas à ramener les prix dans des proportions acceptables, il faudra alors recourir à une solution radicale du boycott des factures. Il faudra pousser les Maliens à refuser de s'acquitter des factures tant qu'ils sont victimes des délestages et des surenchères sur les tarifs. Qui peut leur en vouloir de refuser de payer des services qui sont loin de leur donner satisfaction ? On doit payer quand on est satisfait !
Malheureusement, dans la situation actuelle, un tel boycott est invraisemblable parce que nous n'avons pas d'associations de défense des droits des consommateurs dignes de ce nom. Parce que l'ASCOMA n'est que l'ombre d'elle-même. Et elle cache ses carences et son incompétence derrière le fait de ne pas toujours être reconnue d'utilité publique. Comme si ce statut ne se méritait pas.
Nous voudrions bien qu'on lui reconnaisse ce statut ne serait-ce que pour voir quel usage elle va en faire. Parce que jusque-là, le vrai combat de l'ASCOMA à consister à défoncer les portes des Conseils d'administration en sacrifiant ainsi sa neutralité et donc son efficacité.
Il est ridicule voire utopique de vouloir défendre les intérêts des consommateurs en étant juge et partie. Apparemment, les responsables de cette association ont trouvé leur gagne-pain et ils n'en demandent pas plus ! Ce qui fait que l'UNTM tente aujourd'hui de récupérer son rôle avec une ambition qui ne laisse plus de place au doute : le chantage !
Moussa Bolly
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