[mAliLink2] Une histoire malienne de plus, triste et amusante à la fois!

From: Mahamadou M. Diakite (mm_diakite@yahoo.de)
Date: Mon Nov 03 2003 - 07:17:46 EST


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Société&Divers
 
Escroquerie: ou est donc passée Oumou Diawara ?
l'Essor n°15075 du - 2003-10-30 08:00:00
Arrêté, le démarcheur s'est déchargé sur une femme bien connue des services de police. Mais celle-ci demeure introuvable.
Les Maliens ont décidément la passion de l'aventure. Aucun obstacle ne parait de taille à leur barrer la route de l'étranger ou à les dissuader, ni les tracasseries administratives qu'ils rencontrent et encore moins les mesures draconiennes prises par les pays où ils veulent tenter leur chance.
Mais la vérité impose de reconnaitre qu'au premier rang de ceux qui profitent de cette opiniâtreté, figurent les escrocs qui ne manquent pas d'imagination pour appâter et plumer les candidats au voyage lointain. Des véritables industries ont été crées à cet effet, avec à leur tête des hommes et des femmes sans scrupules qui ne reculent devant rien pour se remplir les poches aux dépens du malheur des autres.
Nos lecteurs gardent certainement en mémoire les nombreuses affaires d'escroquerie sur les visas ou les passeports que nous avons traitées dans cette rubrique. Malgré la publicité retentissante autour de certaines affaires, les mêmes pièges continuent de faire des victimes persuadées que les mésaventures n'arrivent qu'aux autres. L'une de ces histoires mettait en cause une femme du nom de Oumou Diawara.

Plus de 20 millions de Fcfa : C'était il y a quelques mois, Oumou avait été arrêtée au 11è arrondissement pour faux et usage de faux, escroquerie et abus de confiance. A l'époque le dossier mentionnait plus de 20 millions de Fcfa et les victimes se recrutaient parmi les grands marabouts de la place qui voulaient soit envoyer leurs enfants en Europe, soit faire des faveurs à des clients qui cherchaient à se rendre en "Métropole". Oumou Diawara avait alors fait 70 victimes. Déférée au parquet de la Commune VI, elle avait ensuite été envoyée en détention à la prison centrale avant son jugement.
Mais comme on le dit, les habitudes ont la vie dure. A la prison centrale, Oumou Diawara ne "décrocha" pas et entretenait ses réseaux. D'ailleurs, elle ne resta pas longtemps à l'université de Bamako Coura. Elle bénéficia d'une liberté provisoire mise à profit pour reprendre le collier.
Le 28 octobre dernier, la brigade des mœurs reçoit ainsi un "soit transmis" du procureur de la République près le tribunal de première instance de Bamako. Le document concernait un certain Modibo Abdoulaye Traoré. Il est reproché à l'homme d'avoir escroqué, en complicité avec Oumou Diawara, les sommes de 1.300.000 Fcfa et 800.000 Fcfa aux dépens respectivement de Moussa Sylla et Mahamadou Coulibaly, tous deux commerçants qui cherchaient à se rendre en Europe.
Le premier Moussa Sylla avait été contacté par Modibo Abdoulaye Traoré qui lui avait promis de lui trouver un visa sur la Belgique. Le commerçant se méfia pour avoir déjà été victime d'une escroquerie dans une affaire semblable. Pour le convaincre, Modibo Abdoulaye Traoré l'invita à l'accompagner à l'État-major de la gendarmerie. Là, en présence de Oumou Diawara, Moussa Sylla fut présenté à un officier qui lui garantit que les deux compères étaient capables de lui trouver le visa désiré.
Le témoignage de l'officier rassura le commerçant qui déboursa 1,3 million de Fcfa. Depuis ce jour, il attend d'avoir le fameux visa ou à défaut de rentrer en possession de son argent. Las de tourner en rond, il arrêta le compagnon de Oumou qu'il traîna, sans autre forme de procès, devant les policiers.

5 passeports et 425.000 Fcfa : Mahamadou Coulibaly à qui le duo infernal avait soutiré 880.000 Fcfa, apprit que le complice de Oumou se trouvait à la brigade des mœurs où il était entendu dans une affaire similaire à la sienne. Il se rendit au parquet pour porter plainte contre celui qui, quelques mois auparavant, était venu lui proposer des visas sur la France et la Suisse. Le commerçant avait besoin de ces visas pour faire partir des jeunes gens désireux d'aller chercher du travail en Europe.
Mahamadou Coulibaly avait remis alors 5 passeports à l'intermédiaire et 425.000 Fcfa qui devaient être convertis en traveller's chèque. Modibo s'en alla et ne réapparut que quelques jours plus tard pour demander à nouveau de l'argent à Mahamadou Coulibaly, afin, prétendit-il, de compléter le montant exigé par les banquiers pour l'opération. Mahamadou Coulibaly emprunta alors à son épouse, 330.000 Fcfa qu'il remit à l'escroc. Insatiable, ce dernier revint à la charge pour expliquer à son client que les documents étaient sur le point d'être obtenus et qu'il ne manquait plus que 75.000 F pour les retirer.
Le commerçant, qui est aussi professeur d'arabe, trouva la somme demandée et la remit au courtier. Il eut tort car Modibo sentit qu'il pouvait le plumer plus avant. Il revint donc le lendemain pour quémander auprès du professeur, un prêt de 50.000 F qu'il s'engageait à rembourser dans un délai de trois jours. Auparavant pour toutes les autres sommes recueillies dans le cadre de la recherche des visas, il lui avait remis, après s'être excusé du retard, des reçus dûment signés et cachetés par Oumou Diawara.
Devant le commandant adjoint de la brigade des mœurs, le commissaire de police Salimata, Modibo reconnut en partie la véracité des accusations qui pesaient sur lui. Il admit ainsi sa culpabilité dans l'affaire des 880.000 F mais imputa le gros de la faute à Oumou Diawara qui avait encaissé l'argent et ne lui avait même pas versé son pourcentage qui s'élevait à 200.000 F par visa obtenu.
Par contre sur l'affaire des 1.300.000 F, il prétend être totalement étranger à ce qui est arrivé à Moussa Sylla, l'argent ayant été versé directement à Oumou.
Oumou Diawara est donc la clef de toutes ces affaires mais comment mettre la main sur elle ? Malgré toutes les recherches entreprises par la section recherche de la brigade des mœurs, elle est restée introuvable. Aucune trace d'elle à son domicile à Faladié. Ne bénéficiant que d'une liberté provisoire, elle est pourtant censée rester à la disposition de la justice.
En attendant que l'on mette la main sur la dame qui ne s'est pourtant pas volatilisée, son démarcheur passera quelques jours à l'ombre de la maison centrale d'arrêt de Bamako.

G. A. DICKO
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_/ Mahamadou M. Diakite
_/ Wien
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