Peut être qu'on prêtera le célèbre romancier (apparemment guinéen, on
découvre) à un autre pays qui ne déborde pas d'honneurs littéraires
sur la scène mondiale ? Mais, la question sérieuse reste: est-ce que
l'article prouve ce "qu'on... sait davantage," c'est à dire que
Kourouma soutient la rébellion. La vérité en temps de guerre et les
"témoignages concordants".... L'article glisse vite et le décalage
entre le titre (ralliement de Kourouma) et les détails (nationalité
ivoirienne douteuse de Ahmadou Kourouma) est béant.
Kourouma était à Bâle plusieurs mois avant la rébellion et a lu de
son roman "En attendant le vote des bêtes sauvages" et discuté avec
l'auditoire sur "Allah n'est pas obligé." Le deux romans épuisent
largement le fond du psychodrame qu'est la guerre civile actuelle.
Des "dozos" aux enfants soldats. Comme disait Churchill à l'entrée
de l'Empire Britannique dans la deuxième guerre mondiale-- à peu
près, on ne peut pas m'en vouloir pour avoir anticipé l'inévitabilité
de la guerre. Kourouma était opposé à Houphouët et sûrement à tous
ceux qui ont suivi. Au lendemain du 19 septembre, il était à Dakar
pour une réunion d'auteurs, il se disait "abasourdi et démoralisé" et
a attribué la catastrophe ivoirienne à l'échec de Gueï de faire
l'arbitre et celui de Gbagbo de traiter le problème de fond. Si sa
fonction a changé, il faut les preuves pour convaincre.
Mais c'est là la pente glissante pour la Côte d'Ivoire. Quand on
commence à fouiller partout, à jeter les plus grandes ressources du
pays avec ces spéculations idiotiques. MH
CRISE IVOIRIENNE: Pourquoi Ahmadou Kourouma soutient la rébellion
(L'Inter 09/11/2002)
Deux semaines après son sanglant désaveu public au centre culturel
français de Fribourg, localité située au sud-ouest de l'Allemagne, on
en sait davantage sur les raisons des griefs de Kourouma contre le
régime du président Gbagbo. Selon plusieurs témoignages concordants
recueillis dans plusieurs villes où est passé Ahmadou Kourouma pour
légitimer la rébellion qui secoue actuellement la Côte d'Ivoire, la
colère de celui-ci découle de la nouvelle politique d'identification
en cours. Celle-ci pourrait conduire à mettre en cause sa nationalité
ivoirienne voire faire de lui un apatride pour autant que le moyen
par lequel il acquis la nationalité ivoirienne souffre de
transparence. En poursuivant nos investigations, nous sommes tombés
sur une interview qu'il a accordée en novembre 1990 à notre confrère
Jeune Afrique qui permet de comprendre son combat, selon ses propres
termes, contre l'ivoirité. En effet, interrogé par notre confrère
Sennen Andriamirado dans une interview publiée dans Jeune Afrique
numéro 1558 du 7 au 13 novembre 1990, PP 44-49 , kourouma donnait la
réponse suivante sur ses origines : " J'avais des oncles en Côte
d'Ivoire et des oncles en Guinée, où je suis né. Comme mon père était
le deuxième fils de Bramadou, mon oncle malinké, qui était donc le
fils aîné de ce général (Bramadou un général de Samory Touré), est
venu me chercher tout petit pour m'élever. J'ai donc la nationalité
ivoirienne". Kourouma sait que le fait d'être élevé par un résident
ivoirien ne confère pas de facto la nationalité de ce pays. Comble du
ridicule, notre écrivain n'est pas en mesure de dire à ses
interlocuteurs s'il a obtenu la nationalité ivoirienne par adoption
ou par naturalisation. Cependant, kourouma dissimule publiquement
depuis un certain temps la nationalité guinéenne de ses parents comme
s'il en avait honte. Il en ressort que sa récente campagne à travers
l'Allemagne, au cours de laquelle il ne s'est point gêné pour
justifier la rébellion á laquelle le peuple ivoirien est confronté
depuis le 19 septembre, était un engagement pour ses intérêts
personnels.
-- Louis Franck ADOU (Correspondant permanent dans l'union
européenne) louisfranck@yahoo.fr --
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