aw ni ce mAliLinkers! Je lisais, hier, que notre Etat doit 150
milliards FCFA au Tresor francais (Cf. www.mAliweb.net, 21 Octobre
2003, Le Soir de Bamako) et qu'il avait ete question, en 1994, d'en
annuler une partie. Je ne sais pas si les recentes annulations
francaises, au titre de l'initiative PPTE, integrent cette demarche ou
non, mais le journaliste Issiaka Sidibe a ecrit: "La suite? Demandez-le
a Chirac Vendredi prochain".
J'ai une autre question, plutot: A combien notre Ministere de la
Defense et des Anciens Combattants estime-t-il le cumul ajuste (depuis
la Premiere Guerre Mondiale et sur la base de la parite totale) des
pensions militaires, droits et dommages-interets que doit l'Etat
francais a nos (Grands)Parents Anciens Combattants et autres "Sujets
francais"?
J'aimerais bien le savoir, aux noms de la Memoire et du Devoir
d'Equite, comme dit. bawo, mAli AnI France 'cEko ye "Nos Ancetres, les
Gaulois; Vos Ancetres, les Tirailleurs"; yOrO dE?
ibA
=================sEbEncilen======================
www.troupesdemarine.org/traditions/histoire
DEVOIR DE MEMOIRE (Par Raymond Mouragues et Jean-Francois Mouragues,
Anciens du 24e RIC et du 24e RIMa)
Les Tirailleurs S?n?galais du 24? RTS dans la tourmente de 1940
France mai-juin 1940
A la m?moire de tous les Officiers, Sous-Officiers europ?ens et
africains, ainsi qu'? tous les Tirailleurs et Marsouins, qui connurent
une fin tragique en juin 1940: Commandant Bouquet; Capitaine Ris;
Lieutenant Roux;
Lieutenant Erminy; Lieutenant Rotelle; Lieutenant Planchon; Capitaine
Speckel(*); Lieutenant Brocart(*); Lieutenant M?chet(*); Capitaine
B?bel; Capitaine N'Chor?r?(**) [Abattus pour avoir simplement voulu
d?fendre leurs hommes (*) 16? RTS. Abattus du seul fait de la couleur
de leur peau.
(**) 53? RICMS ancien capitaine au 24? RTS]
REMERCIEMENTS
A ceux qui furent en 1939 et 1940 les: Sergent-Chef Jean Boluix 3/24?
RTS; Soldat Marius Carri?re EM/24? RTS; Capitaine Roger Lambert 1/24?
RTS; Sergent Paul Gheysens 1/24? RTS; Caporal-Chef Maurice Fauveau
2/24? RTS; Soldat Ren? Poujade 2? RIC; Lieutenant Ren? Lambert 16? RTS;
Aspirant Robert Dietrich 41? RMIC; Caporal-Chef Roger Terrieu 52?
DBMIC; Brigadier-Chef Marc Bouquet 28? RICMS; Soldat Denis Champel
CDT/24? RTS; Soldat Marius Girard CHR/24? RTS.
Depuis 1997 une violente pol?mique soul?ve l'Allemagne quant au r?le
suppos? de son arm?e r?guli?re dans les crimes de guerre perp?tr?s
durant la seconde guerre mondiale. A ce sujet, plusieurs articles sont
parus dans les colonnes de la presse nationale et r?gionale, notamment
dans celles du quotidien "l'Ind?pendant". Ils avaient trait aux
manifestations hostiles provoqu?es en Allemagne, par une exposition
itin?rante, sur le r?le actif de l'arm?e allemande dans les crimes
commis entre 1939 et 1945. Il s'en est suivi outre-Rhin, une prise de
conscience qui d?range l'Histoire officielle, et qui ?tablit enfin les
responsabilit?s de chacun. Les crimes de guerres n'?taient pas
uniquement imputables aux "Waffen SS", mais aussi ? des unit?s de
l'arm?e r?guli?re, qu'ils ne se limitaient pas ? la Pologne et ? l'ex
URSS, mais avaient ?t? perp?tr?s sur d'autres fronts, ordonn?s et
ex?cut?s. Malgr? tout, des tentatives de n?gations de ces crimes furent
avanc?es par des mouvements conservateurs, l'Arm?e, ne pouvait avoir
mal agi.
Mais les faits sont t?tus, ils s'imposent ? nous, et m?me s'ils ne
furent pas syst?matiques, ces actes ont bel et bien ?t? perp?tr?s
contre des soldats fran?ais, et tout particuli?rement contre des
soldats africains, ces troupes noires que les allemands ha?ssaient,
qu'ils qualifiaient de sous-hommes, mais qu'ils redoutaient. En quoi
pouvons nous nous sentir concern?s 60 ans apr?s, par ces affrontements,
nous autres catalans, et qui se souvient aujourd'hui des Tirailleurs
S?n?galais ? Perpignan? Assur?ment peu de monde, pourtant, leur
pr?sence en terre catalane a dur? plus de quinze ann?es, juste apr?s la
fin du premier conflit mondial, pour s'achever tragiquement en juin
1940. Il est de notre devoir, de ne pas oublier ce qui va suivre.
La r?organisation des Troupes Coloniales:
La fin de la premi?re guerre mondiale est marqu?e par une profonde
r?organisation des Troupes Coloniales. La p?nurie de main d'oeuvre due
aux pertes effroyables consenties pendant le premier conflit mondial
(1.355.000 morts et 3.595.000 bless?s), explique en partie cette
situation. De plus les rigueurs budg?taires impos?es par l'effort de
reconstruction, et l'absence de menace de la part de l'Allemagne
vaincue, ont raison d'une grande partie de l'infanterie fran?aise. Les
Troupes Coloniales voient pr?s de 80% des r?giments qui la composent
dissous. Seuls subsistent en tant que r?giments blancs, les 3?, 21?,
23? RIC en m?tropole, les 9? et 11? RIC en Indochine, et le 16? RIC en
Chine. C'est ainsi que dispara?t en 1923 le 24? RIC qui tenait garnison
depuis sa cr?ation ? Perpignan. Il s'?tait pourtant brillamment
illustr? pendant tout le conflit perdant plus de 8000 hommes et
d?crochant la croix de la L?gion d'Honneur.
Paradoxalement, alors que sont dissous les r?giments blancs de
l'infanterie coloniale, des formations africaines plus connues sous
l'appellation de Tirailleurs Coloniaux puis en 1926 sous l'appellation
g?n?rique de Tirailleurs S?n?galais, sont cr?es. Ce sont les 4?, 8?,
12?, 14?, 16?, et 24? r?giments de tirailleurs s?n?galais (RTS), qui
seront implant?s dans des garnisons du sud de la France. Tout comme les
unit?s Nord-Africaines, (Tirailleurs Alg?riens, Tunisiens, Marocains),
les RTS s'av?rent plus ?conomiques et plus dociles, que les unit?s
blanches. C'est ainsi que Perpignan r?cup?re un r?giment colonial, le
24? RTS, r?giment qui malgr? sa nouvelle appellation et sa composition,
h?rite des traditions et du drapeau aux huit inscriptions de son
pr?d?cesseur.
Lors de la guerre du Rif (1924-1927), le 24?, en tout ou partie,
participe avec d'autres formations coloniales ou m?tropolitaines, aux
op?rations de pacification du Maroc, avant de retourner d?finitivement
dans sa garnison d'origine. Il s'illustre ? Bab-Taza, M'sila, El Hadar,
et F?s el Bali, d?crochant une nouvelle inscription au drapeau "Maroc
1925". Les inscriptions ?tant limit?es ? huit, cette neuvi?me
inscription viendra compl?ter celle d?j? existante "Maroc 1908-1913".
En 1939 lors de la reconstitution en Syrie du 24? RIC sous
l'appellation de 24? r?giment de marche d'infanterie Coloniale (RMIC),
le 24? RTS recevra un nouveau drapeau o? ne figurera que l'inscription
"Maroc 1925-1927). Celle pr?sente sur le drapeau du 24? RIC sera
effac?e.
Inscriptions au Drapeau de 1923 ? d?cembre 1939, drapeau du 24? RIC
d?tenu par le 24? RTS: SEBASTOPOL 1854-1855; TUYEN QUANG 1885;
TANANARIVE 1895; TIEN TSIN 1900; MAROC 1908-1913,1925; LA MARNE 1914;
LA SOMME 1916; L'AISNE-REIMS 1917-1918
Inscriptions au Drapeau ? partir d'octobre 1939 pour le 24? RMIC, qui
reprend celles du 24? RIC moins celle gagn?e par le 24 RTS.
Les Africains ? Perpignan.
R?giment de pr?s de 2000 hommes, le 24 RTS est articul? en 3
bataillons. Deux d'entre eux sont stationn?s ? Perpignan ( les 2/24?
RTS et 3/24? RTS), et le dernier ? S?te (1/24? RTS). Il aligne 15
compagnies, dont 9 de combat (ou de voltigeurs), et 3 compagnies
d'appui aux bataillons. La CRE (compagnie r?gimentaire d'engins) est
compos?e de sections de mitrailleuses mont?es sur mulets, de canons de
25 m/m (une batterie), d'engins de transport chenill?s, de mortiers. La
CHR (compagnie hors rang), comprend les services divers et le
ravitaillement. La CDT (compagnie de commandement) comprend
l'etat-major, les transmissions, et le peloton motocycliste.
A Perpignan, le 24? RTS occupe:
La totalit? de la citadelle (?tat major, CHR, 2/24? RTS et d?p?ts du
r?giment de r?serve).
La caserne Joffre, ou caserne des Espalnades, 3/24? RTS.
La caserne St Martin ou caserne Dugommier, d?tachement du 2/24? RTS.
La caserne Galli?ni (compagnie de mitrailleuses, ?curies).
La caserne Mangin (bureau de recrutement et centre mobilisateur 169).
La caserne Dagobert (infirmerie de garnison).
Le couvent des Minimes (intendance et d?p?ts).
Le couvent de Carmes (arsenal, artillerie r?gimentaire, ?curies).
Le Serrat d'en Vaquer (d?p?t de munitions).
Le champ de Mars terrain de manoeuvres, o? seront un temps h?berg?s les
r?fugi?s espagnols.
Le camp de Rivesaltes ? partir de 1940 (transit et renforts).
La caserne St Jacques sera c?d?e et transform?e en appartements
locatifs ? la ville de Perpignan, juste apr?s la guerre de 14/18, apr?s
r?cup?ration de la caserne Joffre.
Les personnels, ? l'exception des officiers et de la majeure partie des
sous-officiers, sont africains, provenant pour l'essentiel, des
colonies de l'Afrique Occidentale Fran?aise (A.O.F). Ce sont
principalement des Bambaras, des Ouolofs, et des Mossis, groupes
ethniques r?put?s pour leur grande tradition guerri?re, et dont les
meilleurs d'entre eux deviendront sous-officiers. Toutefois d'autres
contingents sont pr?sents ? Perpignan, tels que les Malink?s, Soussous,
Toucouleurs, Sombas et Foulas, le m?lange de tous ces hommes emp?chant
la domination d'un groupe sur un autre. On y trouve des engag?s, et des
appel?s.
Les engag?s volontaires, sont le plus souvent motiv?s par la
perspective d'une retraite proportionnelle, apr?s 15 ann?es de service,
par le changement de statut social d? ? leur condition de soldat ou
d'ancien soldat fran?ais, par le fort d?sir d'?chapper au travail forc?
(qui ne sera v?ritablement d?nonc? qu'en 1948), et aussi par la
d?couverte de la France.
Les appel?s, tir?s au sort lors du conseil de r?vision, ou d?sign?s
d'office par les chefs traditionnels et les conseils des anciens,
servent pour une dur?e de 3 ans dans les RTS. En revanche, les
s?n?galais issus des "quatre communes du S?n?gal" (Dakar, Saint-Louis
du S?n?gal, Thi?s et Rufisque), b?n?ficient d'un statut sp?cial. Ils
servent ? ce titre dans les r?giments d'infanterie coloniale (RIC),
pour une dur?e de service ?gale ? celle des appel?s m?tropolitains. Ce
m?me privil?ge est accord? aux Antillais, et aux ressortissants des
Etablissements Fran?ais de l'Inde. Quelques appel?s m?tropolitains,
gu?re plus d'une centaine, originaires des Pyr?n?es Orientales ou des
d?partements limitrophes, servent ? la CHR (compagnie hors rang) qui
comprend l'?tat major et les services.
En 1935, le 24? RTS part comme d'autres troupes en occupation en
Allemagne pour une dur?e assez br?ve, puis de 1936 ? 1939, il est
employ? ? la garde des fronti?res. Lors de l'exode des r?publicains
espagnols, plus connu sous le terme de "retirada", pr?s de 500.000
r?fugi?s civils et militaires espagnols d?ferlent dans le d?partement
des Pyr?n?es Orientales. Les s?n?galais ont pour mission de contr?ler
le col du Perthus. Les ordres ?manant des autorit?s civiles sont
stricts : "on ne passe pas en armes". Ils seront appliqu?s au pied de
la lettre, tant et si bien que les troupes noires devront ?tre
retir?es, car jug?es "trop brutales". Elles seront n?anmoins employ?es
apr?s la d?claration de la guerre (d?cembre 1939 ? avril 1940), avec
des troupes nord-africaines, ? la garde des camps de St-Cyprien,
d'Argel?s, du Barcar?s et ? celui de Rivesaltes en cours de
construction. Toutefois, d?s la cr?ation des camps de regroupement, le
24? RTS d?tache des hommes de la CHR (cuisiniers et cuisines roulantes)
pour assurer avec le peu de moyens disponibles la subsistance des
r?fugi?s espagnols.
La Mobilisation
Sur la sc?ne internationale, les ?v?nements se pr?cipitent, la Pologne
est attaqu?e par l'Allemagne, la France entre en guerre. Le 24? RTS aux
ordres du colonel Alexandre, est d?j? l'une des composantes de la 4?
Division d'Infanterie Coloniale (DIC), dont le PC est ? Toulouse. Elle
comprend outre le 24? RTS, le 16? RTS stationn? ? Montauban,
Castelsarazin et Cahors, le 2? RIC de Brest, le 12? r?giment
d'artillerie coloniale (RAC) d'Agen, et le 212? r?giment d'artillerie
coloniale lourde d'Auch. Les troupes coloniales blanches et noires,
fournissent 8 divisions d'infanterie imm?diatement op?rationnelles, les
troupes nord-africaines quant ? elles, 12 divisions. Les effectifs
renforts compris de la Coloniale et de l'Arm?e d'Afrique repr?sentent
pr?s de 20% des 110 divisions que la France peut aligner.
En temps de guerre, chaque r?giment met sur pied un r?giment de
r?serve, le 24? RTS donne naissance au 44? R?giment d'Infanterie
Coloniale (RIC) dont le d?p?t est ? Cabestany (commune proche de
Perpignan). Ce r?giment est compos? en partie de cadres et d'engag?s
longue dur?e du 24? RTS, d'appel?s de rappel?s, ou de r?servistes
m?tropolitains. En avril 1940 les renforts venus de l'AOF remplaceront
une partie des "vieux r?servistes", le 44? RIC deviendra 44? RICMS
(R?giment d'Infanterie Coloniale Mixte s?n?galais). Quelques semaines
avant la mise sur pied de guerre du r?giment, le 2/24? RTS est envoy?
avec d'autres ?l?ments en renfort des troupes stationn?es en Syrie,
pour former le bataillon de marche d'infanterie coloniale du Levant qui
prendra en octobre l'appellation de 24? RMIC.
Le 27 Ao?t 1939, le 4/21? RIC d?tach? dans les Pyr?n?es Orientales au
dispositif de surveillance de la fronti?re espagnole, et ? la garde des
camps de r?fugi?s, est rattach? au r?giment, devenant 2/24? RTS. Ce
m?me jour, la 4? DIC est envoy?e sur le front d'Alsace, le 44? RICMS
rejoint la 5? DIC dans la Meuse, Mais le d?part des r?giments ne donne
pas lieu, de la part de la population civile, ? l'enthousiasme qu'elle
manifestait en 1914.
Chaque division coloniale, ? l'exception de la 3? DIC totalement
"blanche" (1er, 21?, 23? RIC) est compos?e de 2 r?giments noirs (RTS)
ou mixtes (RICMS), d'un r?giment blanc (RIC) et de 2 r?giments
d'artillerie (RAC) compos?s pour partie d'africains ou de malgaches. La
France s'installe dans ce que l'on a appel? "la Dr?le de Guerre".
Aucune action militaire s?rieuse, si ce n'est quelques coups de mains
au-del? de la ligne Sigfried, n'est engag?e.
Les troupes noires, comme en 1915-1919 sont retir?es du front et
dirig?es vers les cantonnements d'hiver des troupes coloniales. Les 24?
et 16? RTS sont remplac?s au sein de la division par le RICM (R?giment
d'Infanterie Coloniale du Maroc), totalement compos? de soldats
professionnels, et le 4? RIC, compos? quant ? lui de r?servistes. Du 20
octobre au 26 novembre, le 24? RTS sera en instruction sur la c?te
d'azur.
Il occupe les cantonnements suivants: Le 1/24? RTS au Castellet; Le
3/24? RTS ? Sanary; Le 2/24? RTS, CHR, CRE au Bausset.
Le 26 novembre, le r?giment quitte la r?gion de Toulon, pour rejoindre
Perpignan et Tautavel, en rel?ve d'un r?giment de Chasseurs. Il est
affect? ? la garde des camps de r?fugi?s de St-Cyprien et d'Argel?s
(1/24? RTS, et 3/24? RTS), ainsi qu'? la s?curit? des fronti?res (2/24?
RTS) secteur Arles sur Tech ? Prats de Mollo. Les bataillons sont
progressivement d?gag?s de ces servitudes, pour ne conserver que la
garde du camp d'Argel?s, et parfaire l'instruction des hommes. Le 2/24?
RTS (bataillon blanc, anciennement 4/21? RIC), est remplac? par des
renforts en provenance d'A.O.F.
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