[mAliLink2] Eau & Electricite au Mali

From: Mahamadou M. Diakite (mm_diakite@yahoo.de)
Date: Sun Oct 12 2003 - 12:21:07 EDT


Nous en arrivons - de notre part - à la fin de la discussion sur la situation de l´Energie au Mali. Nos recherches ne sont aucunement exhaustives. Je remercie infiniment le Dr. Sokona et le Dr. Doumbia pour avoir fait le gros du travail. J´avais souhaité faire venir quelques acteurs et decideurs politiques, économiques et des grands cadres Maliens moins connus du publique sur Malilink pour qu´ils discutent avec nous ici sur leurs disciplines respectives. Je prend distance avec idée. Neanmoins, quand l´occasion se présentera, nous en profiterons naturellement.
 
Merci et adieu
 
Mahamadou

---------------------------------------
1 SITUATION ÉNERGÉTIQUE
Aujourd'hui, la consommation énergétique du Mali est
encore très faible et reste essentiellement basée sur
les sources d'énergies traditionnelles (le bois de
chauffe, le charbon de bois, les résidus agricoles et
industrielles). Ces sources d'énergies sont surtout
utilisées pour les besoins domestiques et représentent
environ 88% de la consommation d'énergie. Les énergies
modernes (hydraulique, thermique et solaire)
représentent environ 12% de la consommation
énergétique globale. Le potentiel hydroélectrique du
pays est estimé à 1 000 MW avec une capacité moyenne
de production de 5 000 GWh par an. De ce potentiel,
seulement 250 MW ont été réalisé à jour grâce aux
barrages de Sotuba (7 MW) et Sélingué (44 MW) sur le
fleuve Niger et Manantali (200 MW) sur le fleuve
Sénégal. Le taux de desserte en électricité est
d'environ 35% dans les centres urbains et semi-urbains
et d'environ 1% en milieu rural. Ces chiffres
attestent du faible développement du secteur
économique moderne et de l'accès limité des
populations maliennes, notamment du secteur rural à
l'électricité. Présentement, il n'y a pas de véritable
sources d'énergies fossiles connues. La consommation
de produits pétroliers dépend entièrement de
l'importation (plus de 300 000 tonnes par an).

2 POLITIQUE ENERGETIQUE
La stratégie énergétique du Mali repose sur trois
grands principes : la protection de l'environnement,
le développement des potentialités locales
(hydrauliques et solaires) ainsi que la réduction de
la facture pétrolière, fortement alourdie par la
dévaluation du F CFA (en 1994) et par la hausse du
niveau général des prix.

La réforme du secteur de l'électricité, entreprise il
y a quelques années, est centrée sur l'élaboration de
la politique énergétique, la planification, ainsi que
la coordination et le contrôle des producteurs.
Il s'agit de permettre l'utilisation rationnelle de
toutes les formes d'énergies (traditionnelles et
modernes) susceptibles de favoriser le développement
économique et humain par l'amélioration des conditions
d'accès aux énergies modernes, et ce à moindre coût
dans une perspective de long terme.
Pour ce faire, les principaux axes stratégiques sont
la valorisation des ressources énergétiques nationales
(hydroélectricité et énergies renouvelables) et le
renforcement des capacités de contrôle des
institutions en charge de l'énergie.
Pour mener à bien la restructuration du secteur
énergétique, la Direction Nationale de l'Énergie a été
créée en 1999, ainsi que l'organe de régulation des
secteurs de l'électricité et de l'eau en mars 2000.
L'Etat s'est retiré de la production, la société EDM
(Énergie Du Mali) ayant été privatisée en décembre
2000, et l'exploitation de l'unité de production
hydroélectrique du barrage de Manantali ayant été
confiée à un opérateur privé (Eskom) en 2001.

3 PRODUCTION, TRANSPORT ET DISTRIBUTION D'ÉLECTRICITÉ

3.1 PRODUCTION
3.1.1 EDM-SA
Issu de la privatisation d'EDM en 2000, cette nouvelle
structure (dont le groupement SAUR-IPS détient 60% et
l'Etat malien 40%) est le concessionnaire du service
public pour une période de 20 ans avec possibilité de
prorogation de 5 ans.

Le parc de production d'électricité de l'EDM-SA est
réparti entre les centres de production isolés (au
nombre de 21) d'une puissance totale installée de 31.4
MW en 2001 (auxquels s'ajoutent 2 centres alimentés
par le réseau ivoirien) et le réseau interconnecté
(qui alimente Bamako, sa périphérie et d'autres villes
comme Fana, Kalana, Yanfolila, etc). La production
totale d'EDM est passée de 336 GWH en 1996 à 501 GWh
en 2001 (soit une croissance de près de 50% en 5 ans).
Une augmentation de 12% était prévue en 2002.

3.1.2 ESKOM Manantali
Le projet sous-régional de centrale hydroélectrique
sur le barrage de Manantali, initié en 1990 par
l'Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve
Sénégal (O.M.V.S.), est aujourd'hui concrétisé. Un
appel d'offres lancé en mai 2000 par la SOGEM (Société
de Gestion de Manantali), propriétaire des
infrastructures, a permis en 2001 de retenir la
société ESKOM comme exploitant.

D'un coût total de 220 milliards de F CFA, cet ouvrage
est mis en service progressivement depuis janvier
2002. Il alimente les 3 réseaux électriques du Mali,
du Sénégal, de la Mauritanie et met à la disposition
des différents réseaux, selon une répartition
contractuelle, 52% de sa capacité pour le Mali, 33%
pour le Sénégal et 15% pour la Mauritanie. La centrale
de Manantali, d'une puissance totale installée de 200
MW (5 turbines de 40 MW) peut fournir, en moyenne, 807
GWh à ces trois pays via un réseau Très Haute Tension
(1300 km) en 225 KV.

3.1.3 Auto-producteurs
Quelques " grandes " sociétés produisent leurs propres
besoins en énergie ou opèrent des centrales de secours
: les sucreries pour 7 MW, la CMDT avec 8 MW pour
l'ensemble de ces usines, HUICOMA avec 4,5 MW, soit
une capacité totale de production d'environ 19 MW.

3.2 TRANSPORT ET DISTRIBUTION DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
L'accès à l'électricité reste difficile au Mali
notamment en raison de l'immensité du pays et d'un
habitat dispersé dès que l'on quitte l'agglomération
de Bamako et de sa région.

3.2.1 EDM.SA
Le réseau de transport comporte au total 351 km de
lignes aériennes 150 kV, 68.5 km de lignes aériennes
66kV et 240 km de lignes aériennes et câbles
souterrains de 30kV. Il devait comprendre en fin 2002,
7 postes 150 kV, un poste 66 kV, 7 postes 30 kV. Le
réseau moyenne tension est triphasé, 3 fils 15 kV; le
réseau basse tension est triphasé, 4 fils, 220/380
volts. En 2002 la construction de deux postes
électriques avec leurs annexes sur le réseau de
Bamako, a permis d'augmenter les capacités
d'absorption de Manantali et sécurisé l'alimentation
électrique de certaines zones dont la rive droite du
fleuve.

3.2.2 SOGEM Manantali
La SOGEM a réalisé un réseau Très Haute Tension de
trois lignes totalisant plus de 1000 km et huit
postes, dont cinq sur la rive gauche du fleuve
Sénégal. La ligne Est en 225 kV relie Manantali à
Bamako (306 km), la ligne Ouest, Manantali à Sakal au
Sénégal (816 km) et la troisième relie Dagana à
Nouakchott en Mauritanie (226 km).

4 COMMERCIALISATION
Le nombre d'abonnés est passé de 66.175 en 1995 à
101.800 en 2001, pour une consommation totale
d'électricité passant de 244.9 GWh à 384.4 GWh.

Les perspectives d'évolution de la demande
d'électricité sont estimées, pour 2007, à 765 GWh.
La consommation d'énergies nouvelles reste faible avec
une consommation de 20kg d'équivalent pétrole par
personne et par an.

Depuis 2001, deux sociétés de services décentralisés
issues d'une coopération entre Électricité de France,
TotalFinaElf et NUON International (Pays-Bas), offrent
des services de fourniture d'électricité à partir de
l'énergie solaire dans certaines zones rurales (zone
cotonnière et zone du fleuve Sénégal).
 
Dr. Y. Sokona
Dr. M.L. Doumbia
M. M. Diakite

_/ Mahamadou M. Diakite
_/ Wien
_/ Österreich

---------------------------------
Gesendet von http://mail.yahoo.de
Schneller als Mail - der neue Yahoo! Messenger.
___________________________________________________
mAliLink: Forum de discussion Malien
http://www.malilink.net



Copyright (c) mAliLink