[mAliLink2] SECTEUR MINIER AU MALI

From: M.K. Doumbia (doumbia@sympatico.ca)
Date: Mon Oct 06 2003 - 12:06:39 EDT


SECTEUR MINIER AU MALI
La moralisation en vue !

L'implication de certains opérateurs miniers dans le scandale dit du Trésor en dit long sur l'usage dont certains propriétaires font de leurs titres miniers. Un trafic que le ministère de tutelle ne veut plus tolérer et annonce une grande purge. Cette volonté suscite l'espoir de la moralisation du secteur minier. Une moralisation qui va certainement faire assez de victimes, mais permettra à l'Etat et aux opérateurs nationaux sérieux de promouvoir le secteur afin qu'il soit profitable à toute la nation.
A quoi sert un titre d'exploitation minière ? "A voler l'Etat", répond sans ambages le ministre des Mines de l'Energie et de l'Eau, Ahmed Diane Séméga. Et il l'a dit aux opérateurs miniers en face. Le ministre n'a pas du tout digéré l'implication de certains de leurs collègues dans l'affaire du Trésor. Cette implication a en effet démontré que certains opérateurs viennent uniquement dans le secteur pour contourner la loi et s'enrichir au détriment de l'Etat.

Par rapport à la magouille qui mine le secteur, le ministre n'a pas manqué d'indexer les responsables de certains services centraux comme la Direction nationale des mines et de la géologie (DNGM). Une pratique illicite voire une escroquerie que le département de tutelle ne va plus cautionner. "Les titres miniers sont utilisés comme courte échelle pour piller l'Etat. Mais, je n'aiderai personne à piller le Mali", avertit M. Séméga.

Ainsi tous les titres seront bientôt passés au peigne fin pour extirper les mauvaises graines du secteur pourri par la politique d'exonération mise en place par le gouvernement afin de favoriser l'émergence d'opérateurs nationaux.
Et la Chambre de Mines qui sera bientôt créée par une loi est un outil de cette moralisation.

En effet, plus qu'un instrument de promotion du secteur, celle-ci va aider ceux qui investissent réellement et sincèrement dans le secteur à émerger. La Chambre va servir d'interface entre les opérateurs miniers et l'Etat. C'est donc un outil dont la crédibilité exige l'implication franche et honnête de tous les acteurs. Tous les pays grands producteurs de minerais ont une chambre de mine qui joue un rôle primordial dans la promotion du secteur.

La chambre apparaît alors comme un instrument de crédibilisation qui doit prendre en charge les préoccupations des opérateurs et combler les attentes de l'Etat. Comme dans les autres pays, les uns et les autres veulent que cette chambre soit le creuset des débats constructifs capable d'impulser une vraie promotion du secteur qui suscite beaucoup d'attente à la hauteur des potentialités de notre sous-sol. Chaque acteur a donc conscience que la chambre est un instrument important pour la promotion du secteur minier.

Le département a promis que le processus de sa création sera crédible du début à la fin afin qu'elle ne serve pas de faire-valoir ou qu'elle ne serve seulement à quelques véreux qui s'en seraient accaparés. Mais, le ministre a rappelé qu'elle ne vaudra que par ce que les opérateurs veulent qu'elle soit.

Après la rencontre du mercredi soir, les uns et les autres se sont quittés avec le sentiment que rien ne sera plus comme avant. Et si on lisait une grande satisfaction sur le visage de certains, d'autres sont repartis la peur au ventre. Il y a fort à parier qu'ils sont depuis hantés par la moralisation en vue dans le secteur des mines. Une purge urgente et inévitable pour que le pays et ses citoyens puissent réellement profiter de l'exploitation de nos ressources.
Moussa Bolly

Encore de l'amateurisme !
Existe-t-il un opérateur minier malien ? La question est loin d'être saugrenue tant elle est pertinente. Elle se fonde sur les statistiques données par un représentant des opérateurs nationaux. Selon celui-ci, le Mali a exporté l'année dernière 58 tonnes d'or. Mais, dans cette quantité il n'y pas même un gramme d'un opérateur minier national.

A quoi sert donc les titres ? Evidemment à très peu de chose. Selon nos informations, le titre est donné pour trois ans au bout desquels rares sont les bénéficiaires qui mènent une quelconque activité dans le secteur. Pis, ils ne sont mêmes pas capables de produire un rapport justifiant cette situation. Il y aurait plus d'une centaine de détenteurs parmi lesquels il y aurait plus d'opérateurs fictifs que de vrais investisseurs.

Les opérateurs miniers s'abritent derrière le prétexte du manque de moyens pour expliquer leur carence. En fait, ce qu'ils ne veulent pas reconnaître, c'est qu'ils sont encore au seuil de l'amateurisme. Un amateur, s'il n'est pas un escroc, n'a pas de chance dans le secteur minier qui exige un investissement colossal. Le problème des opérateurs nationaux n'est une question de taille des mines, mais de compétence et d'esprit d'initiatives.

Chacun veut travailler de son côté en espérant un eldorado qui n'est qu'au bout d'un effort financier qu'il ne veut ou ne peut pas consentir. Dans la situation, nous ne voyons un seul opérateur capable d'investir et tirer de cet investissement une production minière à hauteur de souhaits.

Alors, pourquoi ne pas unir les efforts et les moyens pour constituer un pool de producteurs sérieux et crédibles ? Comme l'a dit un conseiller du ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau, si une centaine d'opérateurs décident de constituer un pool minier, ils peuvent relever le défi de la production. Par exemple avec un investissement d'un million chacun (une somme qui est à la portée de la majorité d'entre eux), il est possible de les aider à acheter cinq permis porteurs.

Et il est sûr et certain qu'ils ne peuvent pas les exploiter sans tomber sur une mine de la hauteur de Morila. Une découverte qui peut faire, mine de rien, cent honnêtes milliardaires maliens. Sans compter l'impact social et économique d'une telle découverte. Mais, pour le moment, cela n'est qu'un rêve parce que nous ne voyons pas encore les signes annonciateurs d'une telle synergie d'action au niveau de nos opérateurs miniers.

Et pourtant c'est cela qui peut permettre à l'Etat de mieux les aider à percer par une saine promotion du secteur. Le ministre Ahmed Diane Séméga leur a dit l'autre jour que son département ne va aider personne sur le mensonge ou sur la base d'un investissement fictif. L'aide du gouvernement sera conditionnée à la rigueur et à la probité morale. Ce que, dans l'état actuel des choses, seule la constitution d'un pool par les opérateurs nationaux peut leur garantir !

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