Bonjour Mohomodou,
je te remercie pour le posting de ces coupures de presses qui encore une
fois justifient malheureusement la revolte de Hadi et d' autres concernant
cette violence aveugle qui ne fait pas du tout honneur a notre continent.
Je suis quand meme intrigue par ton choix de mots pour decrire la situation,
"Guerre postmoderne a l' africaine." Peux-tu m' expliquer en quoi cette
revolte est une guerre postmoderne. Qu'est-ce qui la differencie d'une
guerre qui releverait du modernisme?
Merci.
Amadou Niang
Universty of Utah
>From: Mohomodou Houssouba <mhousso@freesurf.ch>
>To: malilink@mali.net
>Subject: [malilink] Cote d'Ivoire - la crise vue de la presse locale
>Date: Sun, 6 Oct 2002 21:22:06 +0200
>
>
>De la diplomatie buissonnière:
>Guerre postmoderne à l'africaine, c'est aussi les ballons d'essai en
>agit-prop. Si les négociateurs de la CEDEAO lisent la presse
>abidjanaise, ils doivent savoir maintenant qu'ils n'auront pas la
>tache facile. On se demande pourquoi le gouvernement d'un pays
>souverain doit prétendre comme si on le ligote pour le faire signer
>un accord de cessez-le-feu. La presse gouvernementale fait savoir
>que le groupe de contact piège le gouvernement, les mutins quant à
>eux disent à la presse étrangère que le gouvernement les piège en
>trainant les pieds alors qu'il envoie des renforts aux fronts
>indélicatement gelés par les troupes françaises. Sans bonne foi des
>deux côtés, la crise ne se décantera pas, même avec une signature
>probable. Espérons donc que les protogonistes mesurent à juste titre
>la gravité de la situation, les périls qui pèsent sur leur pays.
>Qu'ils ne se sont pas déjà employés à ironiser la médiation
>ouest-africaine pour en faire le méprisable bouc émissaire dans un
>jeu de cache-cache. Ce qui n'est pas dans leur intérêt et ne sera
>pas de bon augure pour le reste. Mais il n'y a pas d'avarice de
>montages surréalistes dans la tragédie actuelle....
>
>Mohomodou Houssouba
>
>°°°3 sélections de
>Fraternité Matin (Quotidien National, Côte d'Ivoire) du 5 octobre 2002
>****
>Accord pour le cessez-le-feu
>Les négociations piétinent
>
>Jusqu'à hier soir encore, d'intenses tractations étaient en cours
>pour mettre la dernière main à un accord de cessez-le-feu entre le
>gouvernement ivoirien et les assaillants. Le jeudi, à Bouaké, le
>groupe de contact de la Communauté économique des Etats de l'Afrique
>de l'Ouest (Cedeao), conduit par Mohamed Ibn Chambas, secrétaire
>exécutif de la Cedeao, a obtenu des "terroristes" la signature d'un
>cessez-le-feu. "Je peux vous informer que (les mutins) ont accepté un
>cessez-le-feu," a confié M. Chambas à nos confrères de l'Afp avant
>d'ajouter : "Nous devons arranger une cérémonie de signature du
>cessez-le-feu demain vendredi 4 octobre à Yamoussoukro."
>Le secrétaire exécutif de la Cedeao s'est dispensé de toutes les
>précautions à observer en pareilles situations. Pascal Affi
>N'Guessan, Premier ministre, qui s'est refusé à toute déclaration, a
>dit "ne pas avoir officiellement l'information". "Ce n'est pas la
>peine de spéculer," a-t-il conseillé pour ne pas se prononcer.
>Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale, a été plus
>catégorique. Non seulement à ses yeux il s'agissait d'un "bluff",
>mais "si cet accord était signé, il ne serait pas respecté par les
>rebelles". "Des gens qui assassinent nuitamment ne peuvent pas signer
>un accord de cessez-le-feu si rapidement," a-t-il affirmé à l'Afp.
>Ainsi d'une part, les autorités ivoiriennes n'étaient pas dans le
>secret des dieux le jeudi soir. C'est seulement hier vendredi matin
>que la délégation ministérielle ouest-africaine les a rencontrées
>pour rendre compte des négociations de la veille avec les rebelles.
>D'autre part, elles restent sur leur garde, n'ayant aucune confiance
>aux rebelles dans le respect des accords. De ce fait, M. Chambas a
>reçu dans la matinée d'hier Moïse Lida, ministre d'Etat, ministre de
>la Défense et de la Protection civile, et Sangaré Abou Drahamane,
>ministre d'Etat, ministre des Relations extérieures et des Ivoiriens
>de l'étranger, pour évoquer les points en discussion avec les
>rebelles. Mais la rencontre entre les médiateurs ouest-africains et
>le Président Laurent Gbagbo n'a pas eu lieu.
>Les difficultés pour finaliser l'accord sont de ce fait nombreuses.
>Le projet de texte souffle le chaud et le froid. Il stipule que
>"l'autorité du gouvernement soit rétablie sur l'ensemble du
>territoire", que "l'administration soit autorisée à fonctionner sans
>entraves", que "les mutins rendent aux autorités légales tout le
>matériel et l'armement saisis" et "que les mutins déposent les
>armes". Sur le sujet de la qualification des faits qui fâche, le
>texte a pris position afin d'ignorer la présence de mercenaires et
>l'origine des armements des rebelles "très bien armés". Il parle de
>"mutins" alors que pour les autorités, il s'agit de "mercenaires" de
>"terroristes" et autres "forces du mal". Car les contingents
>"Bahéfouê" et "Zinzin" qui, en réaction à leur démobilisation en
>décembre prochain, s'étaient soulevés, ont rendu les armes. Ils ont
>majoritairement déserté les rangs des assaillants quand ils ont
>compris que leur mouvement a fait l'objet de récupérationŠpolitique.
>De leur côté, les "forces du mal" émettent de plus en plus de
>réserves. Elles font maintenant état de leur scepticisme sur le
>contenu du texte. Elles ont plusieurs exigences qui not plus n'ont
>rien à voir avec les revendications corporatistes : la dénonciation
>de l'accord de coopération militaire signé en 1962 et exigent le
>retrait des forces françaises de Côte d'Ivoire, le départ de Laurent
>Gbagbo, la révision de la constitution, l'annulation du mandat
>d'arrêt international lancé contre les déserteurs qui animent la
>fronde (Tuho Fozié, garde de corps de Coulibaly Ibrahim dit "IB" sous
>la transition, Zaga Zaga, "IB"Š).
>Sans compter que M. Chambas a mis les dirigeants ivoiriens sous la
>pression au motif que le temps pressait pour résoudre la crise. La
>précipitation avec laquelle le secrétaire exécutif a voulu mener les
>tractations a paru suspecte au point de convaincre nombre
>d'observateurs qu'il veut se débarrasser de cette affaire. Au plus
>vite. Résultat, d'hésitations en scepticisme, les négociations
>piétinent et la signature du document initialement prévue hier
>après-midi a été reportée à une date non encore précisée.
>Signalons que le groupe de contact a été mis sur pied le 29 septembre
>dernier à l'occasion du sommet extraordinaire sur la crise ivoirienne
>qui s'est tenu à Accra, au Ghana. Il comprend le Niger, le Nigeria,
>le Togo, le Ghana et la Guinée-Bissau. Depuis le lundi dernier à
>Abidjan, il a été mandaté pour établir le dialogue entre les
>autorités ivoiriennes et les rebelles. La guerre "d'invasion et
>d'occupation" que vit la Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre dernier
>a fait plus de 300 morts.
>
>FERRO M. BALLY
>
>Le commandant de brigade assassiné
>
>L'adjudant-chef Blondet Ouehi Bernard, commandant de brigade de
>gendarmerie de Bouna, a été froidement abattu hier en fin de matinée
>après avoir été malmené par les assaillants qui ont investi très tôt
>la ville, sous les yeux de son épouse et ses enfants.
>La ville de Bouna a été réveillée hier matin par les rafales d'armes
>automatiques. En effet, les rebelles qui avaient quitté Bouna deux
>jours plus tôt sont revenus cette fois-ci avec des renforts. Et ont
>établi leur camp à la brigade de gendarmerie et au cantonnement des
>Eaux et forêts.
>L'adjudant-chef Blondet qui se trouvait à son poste de travail a été
>surpris par les rebelles qui l'ont sommé de leur remettre les armes
>et les munitions de sa brigade. Il leur a répondu qu'il n'avait ni
>arme ni munition. Peu convaincus, les rebelles l'ont roué de coups et
>blessé à la tête. Selon des témoins, ils l'ont conduit à l'hôpital
>pour panser sa blessure qui saignait abondamment. Seulement voilà :
>en fin de matinée, ils l'ont abattu.
>Au téléphone, son épouse en pleurs nous a confié : " Je ne peux pas
>vous dire plus pour le moment. Ils ont tué mon mari devant les
>enfants et moi ".
>Un habitant de Bouna que nous avons joint à son tour à 16 h 30, nous
>a révélé que la ville était calme. Cependant, il a ajouté que " les
>gens qui étaient favorables à ces assaillants mardi dernier ont
>commencé à réviser leur position depuis l'assassinat du commandant de
>brigade qui était estimé de tous dans la ville ". Un renfort des
>forces loyalistes en provenance d'Abidjan a fait mouvement hier
>après-midi sur Bouna.
>
>Kader Sébastian
>Correspondant régional
>
>Presse étrangère appel de Séri Bailly au professionnalisme
>
>En sa qualité de premier responsable de la communication, le Pr Séry
>Bailly affirme n'avoir d'autre choix que d'aider les journalistes à "
>travailler dans de meilleures conditions ". Dans l'optique que les
>informations données par eux soient objectives. C'est la raison pour
>laquelle, il a invité ceux de la presse étrangère hier à son cabinet
>du Plateau. Après, confie-t-il, avoir prôné la modération aux locaux.
>Ainsi, sans vouloir leur donner des leçons de professionnalisme, le
>ministre a souhaité qu'ils " fassent un effort pour l'équilibre de
>l'information ; qu'ils la rendent plus objective et surtout qu'ils
>relativisent les choses ". Le contraire pouvant engendrer, à son
>sens, des malentendus. Tel le cas de la mort annoncée mais fausse du
>chef d'état-major, le général Doué ou encore la marche des jeunes
>patriotes mercredi dernier. Une marche présentée comme étant une
>initiative de la télévision ivoirienne. Pour le ministre de la
>Communication, ces informations dépouillées de toute objectivité sont
>de nature à créer des problèmes. C'est pourquoi il a tenu à
>sensibiliser les journalistes de la presse étrangère.
>" Vous êtes libres de faire votre travail en fonction de ce que vous
>observez sur le terrain. Mais nous sommes d'accord que les faits sont
>sacrés ". En retour, il s'est dit attentif face à leurs difficultés.
>Lesquelles sont relatives aux entraves que leur créeraient les forces
>de l'ordre, souvent tatillonnes lorsqu'il s'agit des autorisations et
>cartes de presse. De même, la mise à leur disposition, par les Forces
>armées d'informations. Il s'agit pour eux de trouver un
>interlocuteur. Les journalistes de la presse internationale ont
>surtout dénoncé l'attitude de leurs confrères, qui, selon eux, les
>livreraient à la vindicte populaire. Aussi ont-ils plaidé auprès du
>ministre afin que leur sécurité soit garantie. A ce sujet, la réponse
>du ministre est éloquente : " La meilleure sécurité, c'est votre
>manière de traiter l'information".
>N'empêche, il affirme mener des actions auprès des jeunes et des
>leaders d'opinion pour une pondération.
>
>M. GNEPROUST KOUADIO
>
>© Fraternité Matin
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>M. Houssouba
>mhousso@freesurf.ch
>Basel, Switzerland
Amadou Niang
University of Utah
Salt Lake City
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