Message: L'Europe, nain politique. C'est vraiment pathetique de voir a quel point les Etats-Unis imposent leur volonte au monde entier. Deux poids, deux mesures ou comme le diraient les Americains eux-memes, "double standard", c'est honteux et revoltant.
Boubacar Kane
Colorado Edito international le 02/10/2002Cour pénale internationale : les Quinze cèdent à la pression américaine
L'Union européenne a la gueule de bois, et on l'aurait à moins. En effet, si les quinze ont sauvé - in extremis - leur unité sur la justice universelle, ils ont dû partiellement cédé à la pression que Washington exerce depuis des mois pour tuer dans l'oeuf la toute nouvelle Cour pénale internationale. Lundi - à Bruxelles - les ministres des Affaires étrangères des 15 - ont accepté d'accorder aux diplomates et aux soldats américains un statut d'exception qui leur évitera d'être justiciables devant la nouvelle juridiction - compétente pour juger des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ainsi que des génocides. Durant l'été, l'administration Bush a accentué la pression pour exiger de tous les pays un accord bilatéral exemptant les citoyens américains de cette juridiction. Hormis Israël, Timor, le Tadjikistan et la Micronésie, la Roumanie - par ailleurs candidate à l'Union européenne - a été le premier pays européen à céder. Pas vraiment surprenant, mais beaucoup plus grave la Grande- Bretagne, l'Italie et l'Espagne s'apprêtaient à franchir le Rubicon. Face à cette perspective qui n'aurait pas manqué d'avoir des répercussions durables pour l'avenir même de la construction européenne, les Quinze ont bricollé un de ces replâtrage de façade dont ils ont le secret. Les Européens qui le souhaitent pourront donc envisager un accord bilatéral avec Washington, MAIS quatre conditions devront être respectées: 1) Pas d'impunité, Washington devra s'engager à juger les suspects américains 2) Pas de réciprocité - l'Etat européen signataire n'appliquera pas l'exemption à ses propres ressortissants 3) Pas d'immunité générale - seuls les diplomates et les militaires seront visés par l'accord 4) Enfin, pas d'exemption à durée indéterminée. Certes, les principes fondateurs et directeur de la CPI ne sont pas atteints, et l'unité formelle des Quinze a été préservée, ce qui n'est pas sans importance puisque de nombreux pays attendaient de connaître sa position avant de se prononcer. Mais la Cour pénale internationale et sa portée universelle sont indéniablement affectées. Avec les tribunaux ad hoc sur l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, l'idée même d'impunité pour les criminels de guerre commençaient à s'imposer. D'où qu'ils soient et où qu'ils agissent ces criminels commençaient à être égaux face au droit international, mais aujourd'hui, certains sont plus égaux que d'autres. Voilà pour l'âme! Mais c'est surtout le corps politique de l'Union européenne qui est ainsi fragilisé. En effet, ce manque de détermination à défendre la CPI face aux pressions américaines, alors que cette Cour est une création des Européens - ce manque de détermination - augure mal des positions futures que les Quinze devront tenir sur le dossier irakien et la nouvelle guerre du Golfe annoncée. Et ce chantier toujours difficile d'une politique extérieure commune ne risque pas de s'améliorer dans une Europe à 27 ou 30. En définitive, l'affaire de la CPI nous ramène brutalement au réel : l'Europe demeure un nain politique.
Richard LABEVIERE ---------------------------------------------------------------- Visitez http://www.mAliLink.net pour vous deconnecter Service offert par http://www.afribone.com ----------------------------------------------------------------
Copyright (c) mAliLink