[mAliLink2] Les cent jours du gouvernement de mission: L'OUVRAGE N'A PAS MANQUÉ

From: ibrahim yattara (ibouhacko@yahoo.com)
Date: Tue Sep 17 2002 - 10:13:38 EDT


Le gouvernement de mission dirigé par le Premier
ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani a bouclé dimanche
dernier les cent premiers jours de son existence.
Appelé aux affaires le 9 juin dernier et de manière
inattendue par le président Amadou Toumani Touré,
nouvellement élu, cet ingénieur statisticien, grand
commis de l'Etat et diplomate chevronné a pris les
rênes de l'exécutif au sortir d'un long processus
électoral et dans une situation marquée par une
pluviométrie tardive et une conjoncture économique
internationale défavorable. A la lumière de ces
éléments, le président de la République a instruit au
nouvel exécutif six missions essentielles qui
consistaient à assurer la continuité de l'Etat ; à
organiser des élections régulières et transparentes ;
à veiller à une gestion rigoureuse et transparente des
ressources publiques ; à renforcer les actions tendant
à améliorer les conditions et le cadre de vie des
populations et à assurer la protection des personnes
et de leurs biens.
Au terme de ces cent jours, le chef du gouvernement
dans un entretien accordé à Sidiki Konaté et Gaoussou
Drabo, directeurs généraux de l'ORTM et de l'AMAP dans
l'émission " Question d'actualités ", dégage les
tendances, explicite les indices ainsi que les
résultats des actes posés dans l'exécution de ces six
missions instruites au gouvernement par le président
Amadou Toumani Touré.

Des paris tenus - Selon le chef du gouvernement l'un
des défis majeurs qui se posait au nouvel exécutif
était l'organisation des législatives. A ce niveau le
gouvernement était confronté à trois problèmes à
savoir : le respect des délais constitutionnel, la
tenue de ces consultations dans l'enveloppe budgétaire
initialement dégagée et l'observation d'un maximum de
transparence. Tous les paris ont été tenus, s'est
félicité Ahmed Mohamed Ag Hamani. Certes, il y eut des
problèmes - comme ceux liés à la disparition de cartes
d'électeurs - pour lesquels les coupables ont été
sanctionnés. Et toutes les dispositions ont été prises
pour que les futures partielles de Sikasso et Tin
Essako se passent dans de meilleures conditions. En
outre, le gouvernement a décidé de faire une
évaluation de tout le processus électoral que le pays
a connu de 1992 à nos jours afin que les futures
élections ne souffrent d'aucune contestation dans
notre pays.
Abordant le chapitre de la continuité de l'Etat, le
chef du gouvernement a fait remarquer que le maintien
de la structure gouvernementale en l'état procédait de
la volonté d'assurer justement cette continuité,
partant le suivi correct des grands dossiers qui lient
le pays à ses partenaires. A cet effet, le chef de
l'Etat lui-même lors de ses déplacements avait rassuré
les uns et les autres du respect de tous les
engagements extérieurs parmi lesquels ceux avec la
Banque mondiale et le Fonds monétaire international
notamment ceux relatif à la filière cotonnière.
En outre, le pays est engagé dans un processus de
privatisation et de restructuration de certaines
sociétés comme la CMDT, la SOTELMA, la Régie des
chemins de fer, les Aéroports du Mali, alors que la
privatisation de la SONATAM et de l'UMPP suit son
cours. Le respect de ces différents programmes
permettra au pays de disposer des ressources
immédiates pour le financement des actions de
développement.
Dans le cadre de la dénationalisation de la SOTELMA,
le Premier ministre a donné l'assurance que les
travailleurs de cette entité ne seront pas sacrifiés.
Le gouvernement a agréé une nouvelle licence pour
stimuler la concurrence et incité à ce que les prix de
la communication soient revus à la baisse. D'ores et
déjà, cette éventualité est à l'étude et le ministre
de la Communication devrait bientôt annoncer une
baisse de l'ordre de 30 à 40 % du tarif du téléphone
fixe et mobile. Une convention de financement acquise
auprès des Pays-Bas devrait permettre de remettre à
flot la SOTELMA en attendant de trouver la solution de
son passif.

Critique, mais non polémique - Quant à la CMDT, le
dossier d'avis d'appel d'offres pour la privatisation
de la zone OHVN et de l'huilerie de Kita sera lancé
d'ici le 30 septembre. Toutes ces opérations se
faisant de manière pédagogique en y associant les
paysans, a assuré Ahmed Mohamed Ag Hamani.
Concernant la Régie du chemin de fer, le processus de
privatisation commencé avec la mise en route de la
fusion des régies des chemins de fer du Sénégal et du
Mali. De même, un avis d'appel d'offres est lancé en
vue d'obtenir un partenaire stratégique pour reprendre
les aéroports du Mali en vue de développer l'ensemble
des infrastructures aéroportuaires du pays, a annoncé
le chef du gouvernement.
Abordant une question relative à la Loi de finance, le
locataire de la Maison du peuple a reconnu que le
budget 2003, dont les dépenses sont en augmentation de
15 % rapport au budget précédent, accorde une
attention privilégiée au monde rural qui représente
une couche sociale prépondérante frappée par la
pauvreté et dont le rôle dans l'économie reste
crucial. Néanmoins, l'éducation, la santé et le
désenclavement n'ont pas été oubliés.
Est-il possible de faire un état de la nation non
polémique, ainsi que l'a souhaité le chef de l'Etat ?
Ahmed Mohamed Ag Hamani se dit convaincu que notre
culture et notre vécu historique nous arment
suffisamment pour que nous puissions procéder à cette
évaluation sans passion inutile. Ce que le président
élu a souhaité, c'est une photographie des lieux
réalisée avec un esprit à la fois objectif et
analytique. Pour ce faire, des termes de référence
sont disponibles et l'exercice sera confié à un
consultant extérieur à l'administration malienne.
Le deuxième grand axe de ce débat consacré aux aspects
sociaux confiés au gouvernement de mission a porté sur
la gestion rigoureuse des ressources publiques, le
Pacte de solidarité pour la croissance et le
développement, le prix des céréales et la sécurité des
personnes et de leurs biens.
S'agissant de la gestion rigoureuse des ressources
publiques, le chef de gouvernement a révélé que son
gouvernement sur les instructions du président de la
République a examiné le rapport de Banque mondiale sur
l'état de la corruption et de la délinquance
financière dans notre pays, les conclusions de cette
analyse seront transformées en programmes d'action au
niveau de chaque département.

Deux éventualités - Le Premier ministre a révélé que
le contrôle systématique des services publics a
produit plus de 300 rapports sur lesquels 66 ont été
transmis à la justice. Tous les autres sont en
instruction. Le comité ad'hoc mis en place pour
étudier le rapport de la Banque mondiale a préconisé
le renforcement des actions de contrôle et de suivi.
En outre, il sera revu à la baisse le seuil de
passation de marchés de gré à gré au niveau des EPIC
qui est actuellement de 250 millions de francs. La
section de la Cour des comptes de la Cour suprême sera
plus étoffée en ressources humaines et au niveau du
ministère de la Justice trois pôles économiques
verront le jour à Bamako, Mopti et Kayes.
Quant au Pacte de solidarité pour la croissance et le
développement, le chef du gouvernement a assuré que
les dépenses occasionnées par sa mise en application
ont fait l'objet de concertation avec les partenaires
financiers internationaux et par conséquent
l'incidence financière inclue au budget d'Etat sera
effectivement honorée. Toutefois, le gouvernement va
opérer bientôt à un recensement physique des agents de
l'Etat.
Concernant les prix des céréales et de certains autres
produits qui grimpent en période de soudure, il
s'offrait à l'Etat deux éventualités pour contenir la
flambée des prix et assurer l'approvisionnement
correct des populations : la distribution gratuite
dans les poches dites en détresse, et le déstockage
technique pour jouer sur les prix. La seconde
opération a produit des résultats mitigés qui ont
amené des rectificatifs au niveau de l'Exécutif. Le
gouvernement a en outre pris l'initiative de
défiscaliser le riz pour 40 000 tonnes ce jusqu'à la
fin septembre et exempté le sel de la TVA jusqu'à
février 2003.
En même temps il a été décidé de diminuer de moitié la
dernière augmentation du prix de l'eau et de
l'électricité en attendant la réunion d'un comité
technique qui va statuer en octobre sur le prix de
l'eau et de l'électricité à la consommation. Enfin
pour sécuriser les producteurs, il sera rouvert
certains postes de contrôle et les banques céréalières
seront renforcées. Tout comme dans le cadre de la
sécurisation des personnes et des biens des postes de
sécurité jadis fermés seront rétablis.
Le Premier ministre, dans sa conclusion, a rendu un
hommage appuyé au peuple malien qui plus d'un an
durant s'est consacré à l'organisation de la CAN 2002
et à celle des élections présidentielles et
législatives. Les résultats auxquels il a abouti
l'honore à plus d'un titre. C'est pourquoi, Mohamed
Ahmed Ag Hamani a invité les uns et les autres à
s'atteler à un second chantier : celui de se remettre
avec ardeur au travail après cette parenthèse
exceptionnelle) et à un troisième : celui de la
normalisation de l'école.
 

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