Exploitation de l'or: SADIOLA ET YATELA S'EXERCENT À
LA TRANSPARENCE
"Sadiola et Yatela, une force d'or au Mali". Ce n'est
pas le titre d'un western sorti tout droit de
Hollywood. Mais le thème d'une conférence de presse
animée au tout début de ce mois à l'hôtel Salam par
les membres du conseil d'administration de deux mines
d'or de notre pays, la Société d'exploitation des
mines d'or de Sadiola (SEMOS) et Yatela S.A. Dirigée
par le président du conseil d'administration des deux
mines, Dave Hodgson, en présence des représentants du
gouvernement malien et ceux de tous les actionnaires
des deux mines et de certains diplomates, la
conférence visait à donner de larges informations sur
les activités de la SEMOS et de Yatela. Elle avait
aussi à cœur de traduire en actes la politique de
transparence de ces sociétés. Ce genre d'initiative se
répétera tous les six mois dorénavant, a assuré
Hodgson. Ce dernier a, d'entrée de jeu, salué
l'environnement réglementaire favorable et la
stabilité politique du Mali qui rassurent les
investisseurs privés.
Pour lui, un climat économique assaini, un bon code
réglementaire et législatif (qui assure la sécurité et
rassure les bailleurs de fonds) et la stabilité
politique sont des gages attractifs pour les
investisseurs. C'est pourquoi il a félicité notre pays
pour la bonne organisation des élections
présidentielle et législatives. Dave Hodgson a par la
suite révélé que "le gouvernement du Mali a reçu le
montant global de 104,6 milliards de FCFA de la SEMOS
et de Yatela depuis l'établissement de ces mines dans
la région de Kayes".
Puis ce fut le tour de Garett Taylor, directeur
général des deux mines, de donner à l'aide d'une
projection de diapositives, des explications avec
force détails sur les opérations des deux usines d'or.
Ainsi, on retiendra que la SEMOS est entrée en
opération en 1997. Elle est le résultat d'un
partenariat entre Anglogold, Iamgold (chacun détenant
38 % des actions), le gouvernement malien (18 %) et la
Société financière internationale (SFI) une filiale de
la Banque mondiale (6 %). En 2001 elle a produit
537.000 onces d'or soit 16.703 kilogrammes.
Yatela, elle, est le fruit d'un partenariat entre
Anglogold (40 %), Iamgold (40 %) et le Mali (20 %). La
mine a coulé son premier lingot en mai de l'an passé.
En 2001, année de sa création, Yatela a produit
131.000 onces d'or, soit 4.075 kilogrammes, une
quantité qu'elle se propose de doubler cette année. La
SEMOS a contribué pour 100 milliards de FCFA à
l'économie de notre pays sous forme de taxes, de
droits, de royalties et de dividendes payés au
gouvernement malien, tandis que cette contribution
s'élève à 4,6 milliards chez Yatela. Celle-ci fait
travailler 630 personnes dont 590 Maliens, tandis que
la SEMOS emploie 830 travailleurs dont 760 Maliens. En
outre, SEMOS a contribué à l'économie malienne en
achetant des biens et des services au niveau local
jusqu'à concurrence de 3 milliards de FCFA, alors que
Yatela a investi dans le même créneau 200 millions de
FCFA.
Par ailleurs, les conférenciers ont assuré que leurs
sociétés ont une conscience aiguë de la responsabilité
envers les communautés locales auxquelles elles ont
apporté des contributions significatives sous forme de
centres médicaux, de logements, d'adduction d'eau,
d'écoles, d'installations sportives et sanitaires. Les
deux mines assurent également la sécurité et la santé
de leurs employés ainsi que la préservation de
l'environnement.
Les journalistes ont posé plusieurs questions ayant
trait au bitumage de la route Sadiola-Kayes, aux
conditions de sortie de l'or du Mali, à l'indexation
des impôts et taxes miniers sur la fluctuation du
métal jaune, etc. Hodgson a expliqué que les usines
payant leurs taxes et impôts renvoient la question du
bitumage de la route de Sadiola-Kayes (70 kilomètres)
aux pouvoirs publics. De son côté Modibo Coulibaly,
directeur national de la Géologie et des Mines, a
précisé que la quantité d'or produite au Mali est bel
et bien celle qui est déclarée aux autorités,
contrairement aux rumeurs. Car, a-t-il souligné, des
responsables maliens sont présents à toutes les étapes
du processus de production d'or. Les conférenciers ont
aussi expliqué le principe d'indexer les impôts sur le
cours de l'or n'est pas pour le moment appliqué, même
si le sujet mérite réflexion.
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