[malilink] Fwd: MALI - ETATS UNIS

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Date: Fri Aug 02 2002 - 06:35:08 EDT


 


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"JE PARS CONFIANT EN L'AVENIR DE CE PAYS"
Propos recueillis par M. KABA - 2002-07-30 08:00:
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L'ambassadeur des États-Unis au Mali, Michaël E Ranneberger a quitté notre
pays samedi dernier, au terme de deux années de bons et loyaux services. Le
diplomate, qui a été promu conseiller spécial chargé du Soudan au
Département d'État, avait pris fonction au Mali en janvier 2000 avec,
explique-t-il, un grand espoir pour l'avenir du Mali et celui des relations
bilatérales entre le Mali et les États-Unis.
Au moment du bilan, le diplomate que nous avons rencontré à sa résidence au
Quartier du fleuve concède volontiers que ses espérances n'ont pas été
déçues. Il est vrai que les relations entre le Mali et les États-Unis n'ont
jamais été aussi exemplaires. L'aide américaine à travers les interventions
directes de l'ambasssade et à travers l'agence de développement USAID
concerne des secteurs vitaux de notre pays. Notamment la santé, l'éducation,
l'agriculture, la bonne gouvernance, les nouvelles technologies, de
l'information et de la communication.
Actuellement cinq ONG américaines travaillent aux côtés des populations
maliennes. Sans oublier que le gouvernement américain est en train de
construire dans notre capitale un nouveau bâtiment qui va abriter son
ambassade et son consulat, pour un coût de 4 millions de dollars. Dans trois
ans, une usine de sucre sera installée à Markala. Ce sont là autant
d'initiatives qui ont pris corps sous l'impulsion de Michaël Ranneberger, un
diplomate qui étudia notamment l'histoire à l'Université de Virginie.
Membre du cabinet de service étranger avec rang de ministre conseiller,
Ranneberger était coordinateur des affaires urbaines de 1995 à 1999 avant
son affectation au Mali. Il avait déjà fait du terrain en Afrique puisqu'en
août 1994 il était l'adjoint au chef de mission à Mogadiscio en Somalie.
Après que l'ambassade américaine eut été évacuée au plus fort de la guerre
somalienne, Ranneberger fut nommé adjoint au chef du Bureau de liaison pour
la reconstruction de la Somalie à Nairobi, au Kenya.
Mais auparavant, le diplomate qui a servi au Mozambique, a été le
responsable du service pour l'Angola de 1981 à 1984. C'est à ce titre qu'il
sera impliqué dans les négociations pour l'indépendance de la Namibie et le
retrait des troupes cubaines de l'Angola. De 1989 à 1992 il a servi comme
chef adjoint de mission à Asuncion au Paraguay où il oeuvra au soutien d'une
transition post démocratique. L'ambassadeur Ranneberger qui a également
servi au Salvador, est récipiendaire de plusieurs distinctions américaines,
notamment le "Superior Honor Awards" du département d'Etat.
C'est donc un diplomate chevronné qui a quitté notre pays, non sans avoir,
au préalable, confié ses impressions à L'Essor. Interview.

L'ESSOR : Excellence, vous quittez notre pays au terme de votre mission au
Mali. Quels ont été, à votre avis, les principaux domaines dans lesquels la
coopération entre le Mali et les États-Unis s'est particulièrement raffermie
au cours de ces dernières années ?
Michaël Ranneberger : Pendant ces trois dernières années, la coopération
entre le Mali et les États-Unis d'Amérique a été excellente. Elle l'était
déjà avant ma prise de fonction ici, il est vrai. Mais elle n'a jamais été
aussi forte que pendant ces trois dernières années. Il y a, à mon avis,
trois grands domaines dans lesquels les relations entre nos deux pays se
sont sérieusement renforcées. Le premier point est le renforcement de la
démocratie malienne. Il y a ensuite les efforts pour promouvoir le
développement et la lutte contre la pauvreté. Le troisième point concerne la
coopération pour la résolution des problèmes régionaux. Il y a beaucoup
d'autres domaines sous-jacents, mais je crois que ce sont là les principaux
points dans lesquels nos liens de coopération se sont développés.
L'ESSOR : Vous vous en allez au moment où nous bouclons des consultations
électorales très importantes. Quel regard portez-vous sur le Mali sur le
plan de l'avancée démocratique ?
M. R. : Je pense que le Mali a fait beaucoup de progrès vers la
consolidation de la démocratie. Les institutions se sont renforcées, la
décentralisation a apporté beaucoup à la consolidation de la démocratie et
surtout nous avons assisté à des élections transparentes, ouvertes et
crédibles. Certes, il y a eu de petits problèmes comme c'est le cas un peu
partout, mais de façon générale, les élections se sont déroulées dans de
bonnes conditions et nous avons fait une déclaration dans ce sens il n'y a
pas longtemps.
Nous venons juste d'être témoin d'un transfert méthodique de pouvoir d'un
président démocratiquement élu à un autre à l'issue des élections réussies.
Ceci est un jalon très important pour toute jeune démocratie, mais
particulièrement important comme modèle pour d'autres nations africaines. Ce
processus électoral reflète le fait que le Mali a accompli de très grands
progrès dans le développement et le renforcement des institutions
démocratiques - processus que nous sommes fiers d'avoir soutenu. Ceci est
aussi évident dans le processus réussi de la décentralisation. Je m'en suis
rendu compte directement pendant mes visites dans plusieurs localités à
travers le pays, de Kidal à Arouane, de Djenné à Narena. Pendant ces
visites, j'ai tenu des réunions avec la société civile, car une société
civile dynamique est un paramètre clé de la démocratie. Je suis toujours
retourné à Bamako requinqué par le dynamisme que j'ai vu au niveau local.
J'ai été particulièrement impressionné par l'activité des groupements de
femmes et je suis heureux de l'assistance que nous avons apportée pour
permettre aux femmes de jouer un rôle important dans la société. Dans le
même temps, le Mali a avancé dans la promotion du développement et la
réduction de la pauvreté. Le processus de reforme économique du
gouvernement, engagé de concert avec la communauté et les institutions
financières internationales, a un impact positif. Le secteur privé montre de
plus en plus en pleine vitalité, même s'il doit faire plus pour devenir la
locomotive du développement économique.
Cependant, au milieu de cette image positive, la corruption se révèle être
un problème qui doit être résolu, car étant potentiellement le talon
d'Achille de la démocratie malienne. Le président Konaré l'a reconnu quand
il a lancé sa campagne anti-corruption et le président Amadou Toumani Touré
a souligné sa détermination de faire de la lutte contre la corruption une
grande priorité. Il est important de souligner que cette poussée
anti-corruption vient de la société et du gouvernement maliens.
La franchise du système démocratique met en lumière le problème, mais la
corruption est un ennemi insidieux et la bataille à lui livrer relève du
défi majeur. Les États-Unis soutiennent déjà les efforts anti-corruption
déployés par le Mali et restent prêts à aider le gouvernement. Les activités
anti-corruption requièrent un partenariat entre le gouvernement, la société
civile et le secteur privé. Il y a un besoin urgent d'agir. Mener des
actions dès maintenant renforcera la stature du Mali comme modèle de
développement démocratique pour le monde des États moins développés.
L'ESSOR : L'AGOA constitue une opportunité de mieux commercer avec les
États-Unis. Mais le secteur privé malien n'en profite pas encore pleinement.
Quels sont les principaux points de blocage et qu'avez-vous entrepris pour
aplanir les difficultés ?
M. R. : Il faut dire que le Mali est déjà éligible pour l'AGOA. Il y a une
longue liste de produits que le Mali peut exporter aux États-Unis sans
droits de douane. Cela est très important. Mais je pense que le produit le
plus important pour le Mali est le textile que votre pays peut exporter vers
les États-Unis. Mais pour cela, le Mali doit prendre quelques mesures et
nous en avons parlé avec le gouvernement malien.
Je sais que pour le moment, le Mali n'a pas une grande industrie de textile,
mais l'AGOA peut inciter les investissements américains et autres pour
l'installation d'une usine de ce genre ici. Le Mali étant un grand
producteur et exportateur de coton, cela peut beaucoup apporter à l'économie
malienne. Nous sommes en train de voir avec les autorités, pour savoir
comment l'AGOA peut profiter au maximum au Mali.
En fait, il n'y a pas de problème de blocage (rires). Il y a plutôt une
nécessité de vigilance, je crois. Car les États-Unis doivent vérifier au
niveau de la douane malienne que les produits qui quittent ici sont
effectivement des produits maliens, que ce ne sont pas des produits d'un
autre pays qui transitent par le Mali.
L'ESSOR : Les États-Unis sont devenus une destination de plus en plus prisée
par les Maliens, mais force est de constater que l'accès au visa américain
relève du parcours du combattant. Pourquoi est-il si difficile d'entrer aux
États-Unis ?
M. R. : Le problème est qu'il y a des règles qui sont appliquées pour entrer
aux États-Unis, à tous les pays du monde, pas seulement au Mali. Selon les
règles de la procédure, pour avoir un visa américain, on doit fournir des
preuves que l'on va revenir dans son pays, que l'on ne restera pas en terre
américaine pour y chercher du travail. Mais le problème est que beaucoup de
Maliens ne peuvent fournir ces preuves.
Pour les hommes d'affaires et les officiels du gouvernement, il y a pas de
problème d'obtention de visa. Mais de temps à autre, nous avons des
difficultés avec les Maliens ordinaires qui sont certes des gens honorables,
mais qui ne présentent pas toujours les preuves, attestant qu'ils
reviendront bien au pays. Ces preuves sont relatives au travail qu'ils font
ici, aux comptes bancaires, à l'état matrimonial, etc.
Les difficultés rencontrées ne sont pas propres seulement au Mali, nous
avons les mêmes problèmes presque partout dans le monde. Ce qui fait que nos
consulats refusent environ 70 % des demandes de visas de par le monde. Nous
avons néanmoins pris des dispositions pour raccourcir le temps d'attente et
simplifier la procédure de demande de visa.
L'ESSOR : Pouvez nous dire les raisons qui ont motivé la construction d'une
nouvelle ambassade des États-Unis à la zone ACI ? Est-ce parce que
l'érection de barricades aux alentours de vos services avait provoqué des
désapprobations des commerçants détaillants. Ou est-ce pour des besoins de
sécurité depuis le 11 septembre ?
M. R. : La construction d'une nouvelle ambassade a été programmée bien avant
le 11 septembre. L'érection d'une nouvelle ambassade est?7 # $

#*
É
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tre ville est devenu trop exigu? # * #/ O # ? % # # #~ ' # # # # # # Hygiéne
publique et assainissbâtiment

LA COMMUNE II PEAUFINE SON APPROCHE

Dans le cadre de la contribution des organisations de la société civile à la
mise en oeuvre de la décentralisation, un projet de plaidoyer sur la
relecture des textes qui gèrent l'hygi travers le monde à Washington. Mais
le fait que notre demande soit tout de suite acceptée reflète la qualité des
relations existant entre le Mali et les États-Unis. Car il faut se rappeler
que de passage à Bamako, le secrétaire d'Etat Colin Powell a dit que le Mali
est un modèle de démocratie et de développement pour les autres pays
africains.
L'ESSOR : Le Mali et les États-Unis ont une unité de points de vues sur le
maintien de la paix en Afrique et sur la lutte contre le terrorisme.
Pensez-vous que cette identité de vision apportera de nouvelles formes de
coopération entre nos deux pays ?
M. R. : Nous avons déjà un programme de formation des militaires maliens
pour le maintien de la paix et le Mali a participé à beaucoup d'opérations
de ce type à travers le monde, car la résolution des conflits, surtout au
niveau régional, est une priorité pour nous. Nous apprécions hautement le
soutien fort du Mali dans la lutte contre le terrorisme. Immédiatement après
les événements du 11 septembre, le gouvernement malien a donné un signal
fort dans la lutte contre le terrorisme. Pas seulement avec les mots, mais
aussi avec des actions concrètes. Le Mali a ratifié les douze conventions
internationales pour la lutte contre ce fléau. Le Mali est donc un bon
partenaire dans la lutte contre le terrorisme.
Nous sommes en train de prendre des mesures pour mieux renforcer notre
coopération dans ce domaine. Je sais que le gouvernement malien considère
que la lutte contre le terrorisme n'est pas seulement l'affaire des
États-Unis, mais qu'elle constitue également une préoccupation pour la
sécurité intérieure du Mali. Parce que le nord du Mali qui est très ouvert
et ses frontières très perméables, peuvent être exploités par les
terroristes. Mais nous allons renforcer notre coopération pour combattre ce
fléau.
L'ESSOR : Qu'est-ce que vous auriez aimé apporter pour davantage consolider
les relations entre nos deux pays et que vous n'avez pas pu ?
M. R. : Je suis satisfait du rôle que l'ambassade a joué pendant mon séjour
pour le renforcement de la démocratie malienne, car je pense que cela est
très important. Je pense que nous avons joué un rôle pour faciliter le
dialogue entre le gouvernement, les partis politiques et la société civile.
Nous avons aussi un bon programme pour la bonne gouvernance. Dans le domaine
du développement, l'USAID a déjà beaucoup fait, notamment pour la santé,
l'éducation, la décentralisation, l'agriculture, les nouvelles technologies
de l'information et de la communication, etc. Autant dire que les États-Unis
ont beaucoup investi au Mali.
Mais j'aurais voulu voir encore beaucoup plus d'investissements américains
ici.
Je regrette donc de ne pas pouvoir réaliser tous les investissements que
j'aurai voulu faire pendant ma mission. Mais ce n'est pas faute de ne pas en
avoir fait une priorité. J'espère néanmoins qu'il y aura un grand avancement
dans ce domaine après mon départ. Car il faut rappeler que la prochaine
construction d'une nouvelle usine de sucre à Markala (un projet américain)
va donner du travail dans quelques années à beaucoup de Maliens. Mais
franchement, je quitte avec beaucoup d'optimisme pour l'avenir de ce pays.
L'harmonie ethnique, son histoire et son sens de l'identité nationale et ses
traditions modérées constituent un socle solide pour sa stabilité et un
progrès durable pour le Mali. Je quitte donc encore une fois très optimiste
par rapport à l'avenir de ce grand pays et reste confiant que les relations
entre nos deux pays vont continuer à se renforcer et à prospérer.
L'ESSOR : Vous avez été un diplomate de terrain qui a sillonné le pays
profond. Quels souvenirs emporterez-vous du Mali et de ses habitants ?
M. R. : Je dois dire que j'ai été très impressionné par l'hospitalité
légendaire et la chaleur humaine des Maliens qui sont des hommes très
ouverts et conviviaux. J'ai beaucoup apprécié cela. Ce fut un privilège pour
moi de servir comme ambassadeur ici avec l'opportunité de connaître une si
riche culture. J'ai beaucoup apprécié l'amitié des Maliens envers les
Américains. Je m'en vais avec une bonne impression du Mali et de sa
diversité culturelle. Le Mali est le premier pays musulman que j'ai visité.
Mais croyez-moi, je garde une bonne image de l'islam. L'amitié et la
coopération entre les États-Unis et le Mali envoient un message fort et
positif au monde sur comment des pays musulmans et non musulmans peuvent
travailler pour faire avancer leurs intérêts communs.
http://www.essor.gov.ml/sem/cgi-bin/view_article.pl?id=2316

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