J'ai suivi pêle-mêle le débat sur l'électricité et l'eau. I believe bro'
Amadou Niang mentioned my name as a resource person. I'm willing to provide
some technical info (cadre juridique, tarifs, quelques statistiques sur la
production d'eau et d'électricité, les centres gérés par EDM, quelques
chiffres sur les investissements, la clientèle, la facturation, etc.) on the
topic (at the team's request). Mais eu égard à ma position, il est évident que
je ne peux être juge et partie à la fois.
Sur un tout autre plan et à deux mois de mon retour définitif, permettez-moi
de jeter un bref regard critique sur notre pays. Here it goes : On ne peut pas
raisonnablement dire qu’il y a eu un grand changement dans le sens positif (un
euphémisme !). ATT continue de haranguer les foules avec son style populiste ;
la misère est à son comble à telle enseigne qu’on se demande comment le malien
moyen fait pour vivre ; le tintamarre sur l’assainissement de Bamako n’est que
du bluff (it’s dirtier than ever) ; les trottoirs sont pris d’assaut par des
étals rivalisant de laideur et de danger pour la sécurité, forçant ainsi les
piétons sur les voies réservées aux véhicules ; l’administration n’a pas bougé
d’un iota (les pratiques décriées de tout temps —corruption, gabegie, lenteur
administrative, incompétence, népotisme, blocage de tous ordres, réticence à l
’innovation, etc.-- continuent à faire leur petit bout de chemin sans que
personne ne s’en émeuve outre mesure) ; les moustiques continuent de tuer ;
les hôpitaux sont plus nauséabonds que jamais ; le coût de la santé n’est à la
portée que de quelques privilégiés ; and so on and so forth.
Mais, comble de paradoxe, le téléphone cellulaire est entre toutes les mains
(surtout celles des teen-agers), les voitures allemandes (surtout les Mercedes
190 D et les Opel Vectra—la nouvelle coqueluche des maliens) et japonaises
encombrent des rues en piteux état d’une capitale qui étouffe sous la
poussière et les fumées noires rejetées par la combustion de diesel. A cette
pollution aérienne s’ajoute celle de surface : des immondices s’amoncellent à
chaque coin de rue tandis que les places publiques sont couvertes d’eau
stagnantes où des bestioles de toutes sortes trouvent refuge. Quant au fleuve
Niger, il est le dépotoir naturel des ordures de toutes sortes. Honnêtement,
je pense qu’au concours de la ville la plus polluée du monde, Bamako doit
ravir la palme ! C’est à croire que le Mali ne possède aucune politique en
matière d’environnement. Les sorties (rares et démagogiques) du Ministre de
l’Environnement et du Maire de Bamako ne sont que poudre à l’œil, aucune
action concrète et efficace n’est menée pour pallier ces problèmes.
D’aucuns diront que c’est bien de faire de la critique, mais encore
faudra-t-il proposer des solutions. A cela je dirais qu’on a pas besoin d’être
un « roquet scientist » pour le savoir : utilisation judicieuse de nos maigres
ressources, arrêter la spirale meurtrière de la dette publique et du Programme
d’Ajustement Structurel (PAS), « moraliser la vie publique et mettre l’homme
qu’il faut à la place qu’il faut (termes creux s’il en fut du temps de Balla
et consorts), mais le maître-mot à mon avis est « ACCOUNTABILITY ». Les
dirigeants dans ce pays ne sont pas tenus responsables de leur gestion :
personne ne sait on vont les taxes municipales qui doivent servir à assainir
les communes, les taxes payées par les propriétaires de véhiculeS pour
l’entretien des routes, les recettes douanières et surtout celles générées par
la vente de nos ressources principales—or et coton--, les multiples « aides au
développement ». Il n’y a aucune lisibilité sur les dépenses budgétaires,
l’appareil étatique d’une manière générale constitue une sorte de Cosa Nostra
dont le fonctionnement est connu des seuls initiés. A cela il faut ajouter
l’incivisme inouï du Bamakois en général (on l’est moins dans les compagnes)
et sa propension à gagner l’argent facile, quitte pour cela à corrompre et
être corrompu.
Cela dit, j’encourage toute personne souhaitant rentrer au Mali de ne point
hésiter à le faire car ce pays ne pourra être construit que par ses fils. Ce
ne sont pas les Banque Mondiale, FMI et autres « partenaires au développement
» qui nous feront sortir de l’ornière, au contraire ils aideront nos «
délinquants légaux » (pour emprunter l’expression de D. Diallo) à porter
l’estocade à une nation déjà meurtrie.
Je voudrais quand même terminer avec une petite note d’espoir : la
pluviométrie, jusqu’à date s’avère bonne, prions pour que cette tendance
continue.
Bien de choses à tous,
B. Kane
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