Le 2e sommet de l'UA élit un président et réintègre Madagascar
MAPUTO (AFP) - Le deuxième sommet des chefs d'Etat et de gouvernement
de l'Union africaine (UA) a élu jeudi son nouveau président, le
malien Alpha Oumar Konaré, après avoir décidé de réintégrer
Madagascar dans ses rangs.
M. Konaré, ancien président du Mali, a été élu par 35 voix sur 45
exprimées. Six pays ont voté contre lui et quatre se sont abstenus.
L'UA compte 53 Etats membres, mais seuls ceux qui sont à jour de
leurs cotisations ou ne font pas l'objet de sanctions, ont le droit
de voter. Le nouveau président de la Commission africaine est élu
pour quatre ans et devrait entrer en fonction en septembre prochain.
Alpha Oumar Konaré était le seul candidat encore en lice après le
retrait de l'ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères, Amara
Essy, qui avait assuré la présidence intérimaire de la Commission
africaine pendant un an, depuis le sommet fondateur de l'UA de Durban
(Afrique du sud) en juillet 2002.
Le retrait de la candidature de M. Essy a été annoncé avant le sommet
par le gouvernement ivoirien qui avait constaté qu'il n'était pas
soutenu par les grands pays africains tels l'Afrique du sud, le
Nigeria, la Libye ou l'Egypte.
Le sommet de Maputo doit également élire le vice-président de la
Commission, ainsi que les huit commissaires qui vont la composer, un
par région d'Afrique. La moitié des membres de la Commission
africaine doivent être des femmes.
Dès l'ouverture du sommet, le président sortant de l'UA, le chef de
l'Etat sud-africain Thabo Mbeki, avait annoncé la réintégration de
Madagascar. "Cette réintégration me va droit au coeur. Je veux
exprimer la joie et la fierté de Madagascar de retrouver la grande
famille africaine", a déclaré le président malgache Marc
Ravalomanana. "Je suis vraiment heureux", déclarait-il plus tard à
l'AFP, pendant une suspension de séance. Son pays pourrait se voir
confier l'organisation du sommet de l'UA de 2004.
Depuis l'élection présidentielle contestée de décembre 2001 sur la
Grande-Ile, le siège de Madagascar à l'UA était resté vacant,
notamment au dernier sommet de Durban (Afrique du Sud), les instances
panafricaines ayant décidé sa suspension. Le président mozambicain
Joaquim Chissano, hôte du sommet et qui va prendre la présidence
tournante de l'UA pour un an, a pour sa part estimé que "l'Afrique
doit devenir un continent pacifique, afin de pouvoir atteindre le
développement économique et social".
Il a appelé les Etats membres de l'UA à ratifier le Conseil de paix
et de sécurité destiné à permettre à l'Union d'intervenir pour mettre
fin à des conflits, à l'image du Conseil de sécurité des Nations
unies. Pour l'instant, seuls 16 Etats ont ratifié le protocole du
Conseil. Il faut 27 ratifications pour sa création. "Je suis
optimiste, dans quelques mois, nous aurons atteint le nombre
nécessaire pour sa mise en place", indiquait jeudi à l'AFP une source
à l'UA.
Thabo Mbeki a espéré que le Conseil et, aussi, le Parlement
panafricain seront mis en place "avant la fin de l'année". Il a
appelé les participants à ratifier les protocoles "afin d'aller de
l'avant". Le secrétaire-général des Nations unies, Kofi Annan, a
quant à lui rappelé aux participants le respect "sacro-saint" de la
vie. "La valeur de changements de pouvoir réguliers et pacifiques a
fait ses preuves encore et encore partout dans le monde", a-t-il dit.
"La démocratie est un combat constant, mais un combat par des moyens
pacifiques (...) elle signifie plus que la tenue d'élections et
réclame également le respect de l'état de droit par tous, y compris
le gouvernement et le parti au pouvoir, des institutions pour
promouvoir le respect de tous les droits de l'Homme pour nos peuples,
y compris les minorités", a-t-il ajouté.
La quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement présents vont
parler pendant ce sommet du 10 au 12 juillet des conflits qui
déchirent le continent, mais aussi du Nouveau partenariat économique
(NEPAD). Les présidents de Côte d'Ivoire, de Centrafrique, du Liberia
et du Togo sont absents de ce sommet. L'Ivoirien Laurent Gbabgo et le
Togolais Gnassingbé Eyadéma ont avancé des raisons de situation
intérieure, le Libérien Charles Taylor est sous le coup d'un mandat
d'arrêt international, et le Centrafricain François Bozizé n'est pas
accepté car il est arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en mars 2002.
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