[malilink] Mon 1er est Sécurité, mon 2nd est...

From: Abdoul Sylla (boudoul@yahoo.com)
Date: Wed Jul 09 2003 - 10:49:13 EDT


A Gorée, la visite du président Bush a plongé les habitants dans
l'amertume

ILE DE GOREE (Sénégal), 8 juil (AFP) - 17h01 - Sur l'île de Gorée,
haut-lieu symbolique de la traite des esclaves, le président George
W. Bush a solennellement dénoncé un "des crimes les plus abominables
de l'histoire". Mais les habitants ont eux été profondément choqués
par l'attitude des services de sécurité.

"Virés de nos maisons", "mis en quarantaine", "parqués comme des
ânes", "surveillés par la police", les habitants n'ont pas de mots
assez durs pour qualifier le comportement des services de sécurité
chargés de protéger le président américain. "On a été été réveillés à
05h00 du matin (locales et GMT), on a été conduits là, et c'est
seulement maintenant qu'on nous a relâchés", raconte à l'AFP à la
mi-journée une vieille femme en boubou orange, indiquant de la tête
l'endroit éloigné de sa maison où elle dû rester jusqu'au départ de
M. Bush.

"On n'a pas eu le temps de se laver, de manger et on était
surveillés, comme des criminels, vous vous rendez compte?",
s'offusque un homme, les traits tirés.

A 07h00, la presse accréditée constate à son arrivée sur l'île un
visage inhabituel de Gorée: le silence est total, à l'exception des
ordres d'agents de sécurité fusant de temps à autre. Pas un habitant
visible n'est dans les rues donnant sur le débarcadère. Les jolies
maisons aux couleurs d'été gardent portes et fenêtres closes. La
plage, d'habitude grouillante de monde et bruyante de cris d'enfants,
d'éclats de rires et de conversations de touristes, se tait.

A quelques pas du Musée historique, s'activent encore des agents de
sécurité et des techniciens américains ainsi que quelques-uns de
leurs collègues sénégalais. Viennent ensuite les discours. Abdoulaye
Wade parle d'"accès au marché, lutte contre les pandémies, nouvelles
technologies de l'information", d'"infrastructures et d'équipements
pour travailler". George W. Bush évoque "un des crimes les plus
abominables de toute l'Histoire" et du "mal aux dimensions
colossales" qu'a représenté l'esclavage, mais aussi de "justice" et
de "liberté".

A la fin de leurs déclarations, les deux présidents posent pour la
photo, serrent quelques mains et s'en vont. Il est un peu plus de
12h00. Sortis d'on ne sait où, des enfants déboulent sur la plage,
les portes et fenêtres s'ouvrent timidement, puis les maisons et
ruelles ombragées laissent bientôt échapper un flot d'habitants. "On
n'a pas vu Bush, on n'a même pas vu Wade, c'est dommage", regrette un
jeune vêtu d'un T-shirt de basketteur américain.

Fatou Bintou, Ndèye Fily et Madeleine, toutes élèves de l'Ecole
Mariama Ba de Gorée, font partie de la poignée d'"invités" triés sur
le volet ayant pu assister aux discours des deux chefs d'Etat. Elles
en sont "certes contentes", disent-elles, "mais c'aurait été mieux
pour les Américains de voir Gorée avec ses habitants, dans la chaleur
de l'accueil".

Au milieu d'un petit groupe de Goréens furieux de s'être fait
"confisquer (leur) liberté" quelques heures, un homme affirme qu'il
aura son mot à dire avant que les autorités "n'annoncent encore la
venue d'un président américain", quitte à "organiser un référendum".
Le problème, estime une jeune fille toute de noir vêtue, "ce n'est
pas un président américain. C'est Bush". Son prédécesseur Bill
"Clinton est venu ici (à Gorée), il n'y a pas eu tout ça, et les gens
n'ont pas été envoyés dans des enclos!", ajoute-t-elle. M. Clinton,
président des Etats-Unis de 1993 à début 2001, s'était rendu à Gorée
lors d'une visite officielle en 1998 au Sénégal.

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Pour George W. Bush, Dakar déclenche une opération "sécurité maximum"

DAKAR, 7 juil (AFP) - 9h23 - Les forces de sécurité sénégalaises ont
multiplié les "opérations coup de poing" contre la criminalité ces
derniers jours à Dakar avant la visite du président américain George
W. Bush, pour laquelle les autorités sénégalaises ont mis les petits
plats dans les grands.
Dans la nuit de samedi à dimanche, 1.032 personnes ont été arrêtées
pour "diverses infractions" par 600 policiers et gendarmes. Tôt jeudi
matin, 106 personnes étaient déjà "tombées dans la nasse"
sécuritaire, a relevé la radio privée Walf FM, parlant de "chasse aux
malfaiteurs" et de "traque continue".

"Nous avions l'habitude de ce genre d'opérations, mais avec l'arrivée
du président Bush, elles se sont multipliées et nous fouillons tous
les coins et recoins" de la capitale, a indiqué dimanche à l'AFP une
source du bureau des relations publiques de la police. "George W.
Bush n'a pas encore foulé le sol sénégalais, mais il est déjà là",
constatait de son côté la semaine dernière le quotidien privé
Walfadjri qui, à l'instar d'autres journaux sénégalais, y voyait une
"visite organisée dans un sécuritarisme obsessionnel".

Un "sécuritarisme obsessionnel" qui est plus le fait des Américains
eux-mêmes que de leurs hôtes sénégalais, observait cependant un autre
journal privé, Le Quotidien, selon lequel "ce sont les Américains qui
font tout, organisent tout, et décident tout" lorsque leur président
voyage. "Pour des raisons de sécurité, le +secret service+ se
substitue aux éléments des forces de sécurité du pays visité",
écrivait-il.

Cela ne se traduit pas par des hommes en tenue à tous les coins de
rue, mais par du personnel consigné, des murs sondés, des portes et
fenêtres scellées "pour prévenir toute mauvaise surprise", voire par
l'inspection des tuyauteries et des ampoules... Bref, une "véritable
reprise en main" par les Américains de tout ce par quoi le risque
pourrait venir, selon la presse.

Cette situation ne manque pas de conduire à des "désagréments
individuels ou collectifs", avançait Walfadjri, évoquant des
perturbations sur le réseau téléphonique depuis "la réservation de
400 lignes" par l'entourage présidentiel américain.

Mais elle prive surtout la visite du traditionnel "accueil populaire"
réservé à la plupart des présidents, selon le programme "provisoire"
révélé à des journalistes à Dakar au cours d'un "briefing". Mardi, il
n'y aura pas de manifestations populaires, pas d'exécution des hymnes
nationaux sénégalais et américain, pas de revues des troupes à
l'aéroport Léopold Sédar Senghor comme de coutume, "par mesure de
sécurité".

Malgré ces "quiproquos" et "tacle au protocole", affirment Le
Quotidien et Walfadjri, le Sénégal continue de "tout mettre en oeuvre
pour rendre le séjour du président américain agréable et chaleureux".
En passant par exemple des coups de pinceaux au palais présidentiel,
"la Maison Blanche version Abdoulaye Wade (président sénégalais)",
pour que Bush n'y soit pas dépaysé lors de son passage-éclair.

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