"Le colonel revendique pour l'Afrique de bien plus grandes ambitions que la constitution d'une Union calquée sur le modèle européen, dans laquelle il a du mal à trouver sa place. Il se bat pour la création d'un poste de président de l'Union, qui serait occupé par un chef d'Etat africain à plein temps, la mise en place d'une armée unique et la définition d'une politique étrangère et commerciale commune."
Le moins qu' on puisse dire, c' est que Khadafi a du bon sens. Si seulement ses homologues Africains pouvait l' entendre!
Amadou Niang
attached mail follows:

La tournée-spectacle du colonel Kadhafi en Afrique Jeudi 18 juillet 2002 (LE MONDE) | ||
Johannesburg de notre correspondante Marginalisé durant le sommet de l'Union africaine, qui s'est tenu à Durban du 8 au 10 juillet, le colonel Kadhafi mène depuis une tournée remarquée en Afrique australe pour tenter de rallier les voisins de l'Afrique du Sud à sa cause. A Durban, le leader libyen avait dû ronger son frein. Pas question pour les autorités sud-africaines de le laisser animer son show rodé lors de précédents sommets. A Lomé, par exemple, il y a deux ans, il avait planté sa tente dans les jardins d'un des plus beaux hôtels de la capitale, fait creuser une tranchée sur la plage et fait installer des miradors équipés de projecteurs pour surveiller la mer. Dès son arrivée en Afrique du Sud, son imposante suite de véhicules a été d'office stationnée à l'aéroport, et il a été prié de déposer les armes avant de se rendre au centre de conférences. Selon la presse sud-africaine, le colonel Kadhafi était arrivé avec un équipement suffisant "pour déclencher une petite guerre", composé entre autres de 27 mitrailleuses, 48 kalachnikovs et de lance-roquettes. Pour transporter son arsenal et ses voitures, il a utilisé deux Boeing, un Antonov et un bateau. L'Afrique du Sud, qui vient de prendre la tête de la toute nouvelle Union africaine, n'a pas ménagé sa peine pour, diplomatiquement, renvoyer le leader libyen dans les cordes. Le colonel revendique pour l'Afrique de bien plus grandes ambitions que la constitution d'une Union calquée sur le modèle européen, dans laquelle il a du mal à trouver sa place. Il se bat pour la création d'un poste de président de l'Union, qui serait occupé par un chef d'Etat africain à plein temps, la mise en place d'une armée unique et la définition d'une politique étrangère et commerciale commune. Ses propositions ont été renvoyées à un examen ultérieur. LUTTER CONTRE L'IMPÉRIALISME Il aura aussi fallu à l'Afrique du Sud et à ses partenaires, l'Algérie, le Sénégal et le Nigeria, beaucoup de tact pour empêcher le leader libyen de torpiller leur projet, le Nepad. Ce nouveau partenariat entre l'Afrique et le reste du monde est basé sur un contrat : démocratie et bonne gouvernance contre aide et investissement. Pour le colonel Kadhafi, ce projet a un inacceptable relent de colonialisme. "Les Occidentaux tentent de nous imposer leurs conditions, et nous le refusons, nous ne sommes pas des enfants, ils n'ont rien à nous apprendre. Nous avons notre propre style de vie", a-t-il lancé dans un de ses multiples discours enflammés. Pour tenter de le calmer, les chefs d'Etat ont proposé l'élargissement de 15 à 20 des pays membres du comité de pilotage du projet, sous-entendant que la Libye en ferait partie. Mais cela n'a pas suffi. A Maputo, au Mozambique, deuxième étape de sa tournée, le "guide de la Révolution" a vivement critiqué ce programme, qui vise à imposer à l'Afrique "un modèle de développement occidental, allant à l'encontre des religions et traditions africaines". Les impératifs démocratiques que des chefs d'Etat africains tentent d'imprimer au continent laissent froid le leader libyen. Pour lui, les pays africains "n'ont pas besoin de nombreux partis politiques". Le colonel Kadhafi n'est pas tout seul dans sa croisade. Il est épaulé par plusieurs pays parmi les plus pauvres et qui bénéficient de ses largesses financières, mais aussi par ceux qui sont en froid, comme lui, avec la communauté internationale. Dans sa tournée, le colonel va ainsi rendre visite à Robert Mugabe, le président zimbabwéen, dont il appuie sans réserve la très critiquée réforme agraire. Il y a quelques mois, la Libye est venue au secours du Zimbabwe en lui fournissant du carburant. Qu'importe que Robert Mugabe ait été réélu en mars dans un climat de violence et de répression, il symbolise aux yeux du numéro un libyen la lutte contre l'impérialisme. Les relents démagogues des discours de Mugabe et de Kadhafi reçoivent un écho très positif sur le continent. En Afrique, les deux hommes sont des héros populaires. Mercredi, le leader libyen a été triomphalement accueilli au Malawi. Accompagné du président de ce petit pays, Bakili Muluzi, le colonel a fait un long discours dans un stade où étaient massées 60 000 personnes en liesse. "Nous voulons des amis comme vous pour nous aider à lutter contre la pauvreté", a déclaré le président Muluzi pour le remercier des aides financières de la Libye. Fabienne Pompey | ||
Copyright (c) mAliLink