[malilink] Mort du joueur de foot camerounais Marc-Vivien Foé

From: Fad Seydou (fseydou@yahoo.fr)
Date: Sat Jun 28 2003 - 22:12:40 EDT


Coupe Confédérations - Mort Foé: finale maintenue mais
le coeur n'y est plus

    
 
 
PARIS, 27 juin (AFP) - Le brutal accident de santé,
d'origine encore indéterminée, qui a provoqué la mort
du joueur camerounais Marc-Vivien Foé, 28 ans,
n'empêchera pas son équipe de disputer dimanche à
Paris, "à sa mémoire", la finale de la Coupe des
Confédérations de football contre la France.

Les premiers résultats de l'autopsie pratiquée
vendredi n'ont pas permis de déterminer la cause
(crise cardiaque ou rupture d'anévrisme) de ce décès
survenu subitement jeudi peu avant la fin de la
demi-finale remportée (1-0) par le Cameroun sur la
Colombie à Lyon, la ville où Foé a fait une partie de
sa carrière et qu'il avait choisie pour établir sa
résidence familiale.

Selon le procureur de la République, l'autopsie n'a
révélé "aucun élément déterminant sur l'origine de la
mort". "C'est cardiaque sûrement, mais on a fait faire
des examens complémentaires d'anatomie-pathologie et
toxicologiques pour confirmer. On ne peut pas tirer de
conclusions", a-t-il déclaré.

Les Camerounais ont gagné vendredi le Centre de
Marcoussis, près de Paris, pour y préparer le match de
dimanche et se sont tenus à l'écart des médias.

Par la voix du sélectionneur Jacques Santini,
ex-entraîneur de Foé à Lyon, les joueurs français se
sont déclarés "solidaires, quoi que décide la
délégation camerounaise".

Petit frère

Dès jeudi, le président de la Fédération
internationale (FIFA) Joseph Blatter avait fait savoir
que le programme serait respecté. "Le jeu doit
continuer, pas le +show+, le jeu", avait-il expliqué.

Roger Milla, ex-joueur emblématique du Cameroun, a
confirmé vendredi que le match se jouerait. "Nous
avons eu jeudi soir une réunion entre joueurs et
dirigeants. Nous avons décidé de jouer à sa mémoire.
Nous sommes tous très mal. C'était notre petit frère.
Pour nous, c'est très dur. Il nous manque énormément".

Le défenseur de l'équipe de France Mikaël Silvestre a
déclaré avoir peu goûté la prise de position du
président Blatter: "Entendre cela, ça fait mal au
coeur. Je ne sais pas si c'est un hommage de disputer
la finale, il y a des impératifs qui nous dépassent.
Si c'est seulement les impératifs commerciaux qui
imposent de jouer cette finale, c'est aberrant. Mais
si les Camerounais le veulent, c'est avec un énorme
plaisir que j'irai sur le terrain".

Ludovic Giuly était aussi plutôt partisan du non:
"Personnellement je ne pense pas qu'il faille disputer
cette finale, mais, s'il faut la jouer, on le fera et
il faudra chercher les ressources au plus profond de
nous-mêmes".

Pour William Gallas, approuvé par son capitaine Marcel
Desailly, les Français n'auraient pas joué si
l'accident était survenu à l'un des leurs: "Après ce
drame, je ne sais pas si le Cameroun pourra jouer
normalement. Si c'était arrivé chez nous, on ne
jouerait pas".

Signal d'alarme

Dans l'attente des résultats des analyses
complémentaires, nul n'a ouvertement évoqué un
possible cas de dopage mais certains ont mis en cause
le surmenage.

Pour le médecin de l'équipe de France, le Dr
Jean-Marcel Ferret, "c'est un signal d'alarme". "Il
faut, a-t-il demandé, qu'on légifère pour protéger la
santé des joueurs avant tout. Comme les joueurs
récupèrent mieux, on nous raccourcit les temps de
récupération et on met plus de matches. C'est une
fuite en avant qu'on ne pourra pas accepter".

Avant cette Coupe des Confédérations, Foé avait
disputé en 2002/2003, outre quelques matches amicaux
en sélection camerounaise, 38 rencontres avec son
équipe de Manchester City. Un régime léger comparé à
celui, par exemple, de Thierry Henry qui en a
disputées 52 depuis août 2002.

Des accidents inhérents à la pratique de disciplines
sportives comme les sports mécaniques, la boxe,
l'équitation, le ski alpin ou la voile provoquent
périodiquement la mort de concurrents. Le danger vient
aussi parfois de phénomènes extérieurs comme la
foudre. Mais l'accident de santé dont a été victime
Foé en pleine action est rare dans le sport de haute
compétition.

Le précédent le plus marquant remonte au Tour de
France cycliste 1967 avec la mort du Britannique Tom
Simpson, victime d'un arrêt cardiaque. Sous l'effet de
produits dopants, il était allé au-delà de ses
capacités de résistance.

La presse camerounaise de vendredi a rendu hommage à
Marc-Vivien Foé, "tombé au champ d'honneur", en Lion
"indomptable jusqu'à la mort" qui a sacrifié sa vie
"pour l'amour du drapeau".

bur-jpg/cyj

 

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