L'école peut-elle apprendre à l'Homme de ne pas tuer son Semblable?
Le niveau de conscience rudimentaire pour les droits et devoirs d'un
citoyen dans une société est-il l'une des raisons principales pour
que cette société demande la peine capitale? Un assassin est-il
toujours et le seul responsable de son crime?
L'année dernière, nous demandions ici à deux (2) reprises
l'introduction de la peine capitale pour les délits de corruptions
caractérisées au Mali. Nous contredisons nous aujourd'hui en rejetant
catégoriquement la peine capitale? Quel genre d'être humain se pose t
- il donc, en toute circonstance, la question: Ce que je fais, ce que
je dis, maintenant, a-t-il un sens? Celui qui se pose une telle
question est un élève de l'école critique.
L'école critique freine la spontanéité, surtout dans la situation
extrême. L'école critique humanise.
Notre tragédie, la tragédie malienne ( africaine), est que l'école
malienne (africaine) n'est pas une école critique. C'est une école
qui apprend à l'enfant la spontanéité. C'est une école qui apprend la
violence et le mépris pour la vie. C'est une Ecole qui fait de
l'Homme Africain tout sauf un Homme critique constructif.
La famille malienne (africaine) traditionnelle, en raison de son
niveau de conscience rudimentaire pour les droits et devoirs du
citoyen, ne peut pas corriger ces ravages de l'école non critique
malienne (africaine). D'où le penchant manifeste du malien et de l´
africain scolarisé pour le jugement précipité.
Pourquoi se précipiter à se prononcer pour la peine capitale ou la
peine de mort tout en sachant que le système judiciaire de son pays
n'est pas adapté aux réalités socioculturelles locales? Et même dans
le cas d'un système judiciaire adapté aux réalités locales, comment
légitimer la mort violente d'un être humain? Un Etat fort, humaniste
gère sa société avec un appareil Législatif, Juridique et Exécutif
compétent et adapté aux réalités socioculturelles locales. Nous
n'avons pas un tel Etat, pas un seul en Afrique. Mais notre sentiment
est que le Mali d'aujourd'hui commence à fonctionner. Bientôt les
premières racines d'un Etat fort, humaniste, en début d'organisation,
vont se ramifier et se solidifier. Et dans un Etat fort, humaniste
dont nous souhaiterions avoir au Mali, la peine capitale ou la peine
de mort n'aura aucune place.
Nous retirons immédiatement notre demande d'introduction de la peine
capitale au Mali.
Adieu
-/ Mahamadou Mory Diakite
-/ Wien
-/ Österreich
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