Re: [malilink] en principe

From: Mohomodou Houssouba (mhousso@freesurf.ch)
Date: Fri Jan 24 2003 - 18:09:55 EST


C'est bien que des positions si nuancées se côtoient sur ce sujet.
Je dois rappeler que je parle exclusivement de l'évocation d'un cas
de "principe." Je relis l'article original chaque fois que je lis
une réponse et plusieurs angles se découvrent au fil des échanges.
Je m'entête à camper sur la matière du "principe": est-ce qu'un
gouvernement nie la liberté d'expression en clarifiant sa position,
quand celle-ci est sujette à un amalgame, qui aurait des retombées
néfastes. Et cela, seulement comme impératif circonstanciel. (Pas
toujours, partout...)

J'invite à une lecture plus étendue de ce point étroit. Le Sadi de
Mr. Mariko a violemment critiqué Gbagbo et son régime sans qu'il y
ait eu une réponse du gouvernement. Mais une fois que le Sadi entre
au gouvernement, dans un contexte assez flou de l'étranger, le risque
d'amalgame est plus pressant. Le Mali, pays frontalier avec 2
millions de gens installés en Côte d'Ivoire, n'a pas la même position
que la France ou le Liban. Ne devenons pas comparaison (pour faire
écho de Franz Fanon). Regardons objectivement notre situation, dans
sa réalité complexe, non pas seulement le romantisme facile de la
gesticulation "virile"--ce qu'Erik Orsema a justement appelé une
farouche croyance en la magie des mots. Vous savez combien de gens
ont apparu pour une manifestation anti-Gbagbo? On attendait le
pandémonium, 100-200 sont apparus avec des signes de protestation
artisanaux. Pourquoi même la marmaille qui se jette sur le marché à
l'appel du syndicat des écoliers n'a pas daigné aller soulever
poussière contre Gbagbo et Co.? Il est plus facile de verser dans
l'illusion épique que de débrouiller de telles banalités?

Encore, pour clore ce chapitre du "principe," en fait rien ne met en
cause la liberté de X ou Z de dire ce qu'il veut, comme il le veut,
aussi fort et encerclé d'autant de micros sur téléphone satellitaire
qu'il le veut. C'est vraiment un sophisme incrédible de prétendre
que la démocratie veut dire qu'un gouvernement n'a plus le droit de
se démarquer de déclarations qui peuvent créer un amalgame. Lisez
bien l'article de l'AFP qui m'a frappé avant tout ce brouhaha. C'est
pour cela que je l'ai gardé dans mes archives.

Ma critique s'adresse au texte pas à Mariko. Parce que je pense que
Mariko a le droit de se prononcer, tout comme le gouvernement de
répondre. Mais, cela ne veut pas dire que le gouvernement va réagir
à chaque déclaration de chef de parti. Quand même...! Je ne sais
pas si nous a'vons perdu toute notion sens du circonstanciel, qui
pèse sur le discernement devant un problème +potentiel+. Par ex., si
le gouvernement n'avais rien dit, c'est bien possible que rien ne se
serait passé. Mais, nous ne savons pas encore. Nous savons pas si
la réaction du gouvernement a coupé court à une réaction du côté
ivoirien. Un régime assiégé, aux abois, peut s'accrocher à tout ce
qui l'aide à construire un discours d'hostilité extérieure pour
légitimer d'autres actes ignobles. Mr. Gbagbo n'est pas le bien aimé
de beaucoup qui ne vont pas marcher librement à Bamako contre lui.
Pourquoi.

La question pressante reste ouverte: qu'aurais-pu ou dû faire le
gouvernement malien depuis le 19 septembre 2002? Concrètement
quelles actions auraient traduit un réel "leadership" au cours de
cette crise? Essayons d'être le plus direct et précis/spéficique
possible. Il y aura peut être du matériel à envoyer à ATT, IBK, et
nous aurons tous appris quelque chose pour la prochaine fois. (Non,
je ne suis au courant de rien en préparation--la saison de toutes les
clarifications....)

Mohomodou Houssouba
° Pour appuyer le point d'Ibou, je crois qu'il faut considérer
l'approche sociale plutôt que militaire choisie par le gouvernement
malien. C'est peut être la stratégie perdante--je n'en sais
rien--mais de grâce, ne parlons pas comme si rien n'a été fait. On
peut pas avancer en faisant table rase de la réalité sur le terrain
parce qu'elle ne correspond pas à notre utopie mentale. Persister
dans l'intransigeance stérile: le gouvernement ivoirien ne voulait
même pas signer un texte qui porte son nom sur la même feuille que le
groupe rebelle. Quatre mois plus tard, le chef de gouvernement
passerait une semainen en fourrière avec pas un mais trois groupes
rebellles.

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M. Houssouba
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