Accord conclu en France sur la crise ivorienne
MARCOUSSIS (AFP) - Les protagonistes de la crise ivoirienne ont signé vendredi à Marcoussis, près
de Paris, un accord qui prévoit le maintien au pouvoir du président ivoirien Laurent Gbagbo et la
formation d'un gouvernement d'union nationale.
Cet accord nous "satisfait totalement" a déclaré le secrétaire général de la rébellion du
Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), Guillaume Soro, qui menait les négociations pour
les trois groupes rebelles. "Nous sommes totalement satisfaits. Nous avons signé en pleine
connaissance de cause", a indiqué M. Soro, chef de la délégation à Marcoussis du MPCI, principal
mouvement rebelle qui a déclenché l'insurrection et tient la moitié du pays, ajoutant "On souhaite
que la paix revienne définitivement".
Du côté de l'ancien Premier ministre et opposant Alassane Ouattara, même satisfaction. "C'est une
excellente chose pour la Côte d'Ivoire", a déclaré son conseiller, Ali Coulibaly. "Toutes les
parties ont signé l'accord. Il prévoit le maintien au pouvoir du président Gbagbo et la formation
d'un gouvernement de réconciliation nationale ouvert à tous, dont les rebelles", a indiqué une
source proche des négociateurs.
Le mandat du président Gbagbo court jusqu'en 2005, et un accord sur la question d'élections
anticipées réclamées par les rebelles et l'opposition, mais refusées, conditionnait toutes les
autres avancées déjà acquises à Marcoussis (sud de Paris). Les rebelles qui occupent la moitié de
la Côte d'Ivoire depuis le soulèvement du 19 septembre 2002 avaient, jusqu'à la table ronde, exigé
le départ du président, avec des élections anticipées.
Le gouvernement élargi aux rebelles doit être dirigé par un Premier ministre de consensus qui
dirigera les affaires du pays et préparera les conditions pour une vraie crédibilité des futurs
processus électoraux, a précisé la même source. Les délégués s'étaient accordés dès jeudi "sur la
nécessité de former un gouvernement d'union rassemblant toutes les parties dont les rebelles".
L'accord porte aussi sur le "respect de l'intégrité territoriale". Les délégués se sont également
accordés "sur un regroupement de toutes les forces" dans le but de constituer une nouvelle armée,
avec l'appui de la France. Ils ont également prévu une amnistie pour les militaires qui se sont
soulevés, selon la même source. Après la signature de l'accord, les délégués se sont levés et, en
se tenant la main, ont entonné l'hymne national ivoirien. Il sont ensuite sablé le champagne.
Cet accord doit être présenté vendredi matin par le coordinateur Pierre Mazeaud au président
français Jacques Chirac qui, dans l'après-midi, reçoit Laurent Gbagbo. "Un mécanisme précis et
crédible de contrôle de suivi de l'accord, avec l'implication des Nations unies qui prévoit
notamment des sanctions, sera mis en place. Il est aussi prévu que les bailleurs de fonds
conditionnent la reprise de leur aide avec le respect de l'accord de Marcoussis", a indiqué une
source proche du dossier.
Les protagonistes du conflit qui a coupé en deux l'ancienne colonie française, fait des centaines
de morts et menace de déstabiliser la région entière, étaient réunis à Marcoussis, près de Paris,
depuis le 15 janvier. Un sommet des chefs d'Etat africains, en présence du secrétaire général des
Nations unies, Kofi Annan, doit se tenir samedi et dimanche dans la capitale française pour
entériner l'accord de Marcoussis sur le crise ivoirienne.
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