[malilink] Mali News: La sexualité précoce au Mali

From: Abdoul Sylla (boudoul@yahoo.com)
Date: Fri Jan 17 2003 - 10:42:35 EST


7è congrès de la société africaine de gynécologie obstétrique: les complications d'une sexualité
précoce -- l'Essor n°14880 du 17/1/03 - 2003-01-17 08:00:00
  
A Bamako, la plupart des adolescentes ont leurs premiers rapports sexuels entre 13 et 17 ans et 28
% des accouchements les concernent

Dix ans après Conakry, le débat sur la santé de la reproduction des adolescents revient au devant
de la scène. Le 7e congrès de la SAGO (Société africaine de gynécologie obstétrique) en a
largement discuté jeudi au Palais des congrès.
La problématique de la santé de la reproduction des adolescents requiert de briser le silence
coupable autour du sexe et de donner de saines informations aux adolescents. Ces préoccupations se
recoupaient dans toutes les communications de la journée. Sur le continent africain, les plus
graves conséquences de la sexualité précoce ont implacablement un visage féminin. Ces conséquences
peuvent aller d'une grossesse indésirée, aux infections sexuellement transmisssibles, en passant
par le VIH/Sida, voire la mort dans les cas d'interruption volontaire de grossesse (le plus
souvent sous la pression de la famille ou de la communauté).

Selon les normes de l'Organisation mondiale de la santé, l'adolescence est la période comprise
entre 12 et 19 ans. Cette tranche d'âge souffre souvent de problèmes liés à un déficit de
communication avec les parents et la société.

Une enquête sur l'issue et la qualité de la prise en charge de la grossesse chez les adolescentes
dans le district de Bamako, confirme cet état de fait. Le Dr. Aïssata Bah relèvera que 28 % des
accouchements concernent des jeunes adolescentes. La même statistique est reconduite sur les
grossesses indésirées. L'étude souligne par ailleurs, la précocité extrême des relations sexuelles
chez les jeunes filles. Les sujets de l'étude avaient, pour la plupart, eu leurs premiers rapports
sexuels entre 13 et 17 ans. A en croire le Dr. Bah, ce saut prématuré dans l'activité sexuelle est
lié à une conjonction de facteurs : la curiosité, l'analphabétisme, la faible prévalence
contraceptive, l'absence d'éducation et l'influence des cultures étrangères. Les résultats de
l'étude ont débouché sur un plaidoyer en faveur de l'éducation sexuelle en famille et de la
communication avec les adolescents.

Les mêmes préoccupations de santé publique ressortent chez nos voisins guinéens, nigériens et
sénégalais. Dans ces pays aussi, les adolescentes paient un lourd tribut aux carences frappant la
santé de la reproduction. Beaucoup de complications, notamment l'anémie, la toxémie, les ruptures
utérines et autres maladies, surviennent chez les adolescentes au moment de la grossesse ou de
l'accouchement. Les statistiques du Sénégal sur les complications de la grossesse sont
révélatrices de l'ampleur de ce phénomène. Près de 25 % des naissances chez les adolescentes sont
effectuées par césarienne. En Guinée, les adolescentes n'ont pas toujours les informations
indispensables pour une activité sexuelle normale. Parfois, elles sont même verbalement agressées
dans des centres de santé où on leur réserve un accueil froid lorsqu'elles contractent des
infections sexuellement transmissibles, soulignera un médecin de la Guinée.

Il importe donc aujourd'hui de mettre des actions en synergie pour prévenir en amont les
conséquences de la sexualité précoce, à défaut de pouvoir l'empêcher. Certains pays ont mis en
œuvre des stratégies de lutte basées sur l'approche des pairs éducateurs, des informateurs de la
jeunesse sur les questions de sexe et des maladies qui en découlent. Notre pays est un des tout
premiers à concrétiser ce progrès par l'entremise des organisations non gouvernementales. Nos
politiques de santé doivent intégrer ce besoin de communication à une plus grande échelle pour
susciter chez les enfants des comportements responsables, sans les rebuter par une vaine police du
sexe.

Sur un autre plan, les congressistes qui reviennent au Mali après une absence plus ou moins
prolongée, sont visiblement et favorablement impressionnés par le nouveau visage de notre
capitale. C'est vrai que certains, au cours de leurs séjours précédents, n'avaient pas pris le
temps "d'ausculter le cœur de Bamako" et expriment, à ce sujet, du regret. Il faut dire que
l'intensité des travaux du congrès ne leur laisse pas trop le loisir de se rattraper sur ce plan
là.

B. DOUMBIA

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